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Relèvement obligatoire de l’âge de la retraite: Dérogations possibles pour certains métiers pénibles

Dimanche 19 Novembre 2017
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Relèvement obligatoire de l’âge de la retraite: Dérogations possibles pour certains métiers pénibles

Bien que le ministère des Affaires sociales ait assuré que l’accord conclu entre le Gouvernement et l'Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) sur le relèvement obligatoire de l’âge du départ à la retraite à 62 dans le secteur public à partir de 2020 avec la possibilité de départ à la retraire à l'âge de 65 pour ceux qui le  souhaitent, des dérogations pourraient être accordées à certains métiers classés comme étant pénibles.

«L’accord annoncé par le ministère des Affaires sociales n’a pas été encore signé. Il existe dans ce cadre une orientation à accorder des dérogations à certains professions, dont l’enseignement», souligne le secrétaire général du syndicat générale de l’enseignement secondaire, Lassaâd Yaâcoubi.

De son côté, le secrétaire général-adjoint de l’UGTT chargé de la couverture sociale, de la santé et de la sécurité au travail, Abdelkarim Jrad, a indiqué que la notion de la pénibilité du travail pourrait être prise en considération lors de l’application de l’accord relatif à l’augmentation de l’âge du départ à la retraite, tout en soulignant que les syndicats de l’enseignement ont conclu en 2011 des accords avec le ministère de l’Education qui classent le métier d’enseignant comme étant une profession pénible. Ainsi, le droit à la retraite est accordé dès l’âge de 55 ans aux enseignants ayant accompli 35 ans de service.

La pénibilité d’un métier se définit traditionnellement par trois facteurs, à savoir des contraintes physiques ou intellectuelles marquées, un environnement agressif et une charge de travail élevée.

La commission administrative sectorielle de l’enseignement secondaire tenue le 4 novembre avait décidé d’observer une grève avec présence sur le lieu de travail le mercredi 6 décembre 2017. Ce débrayage, qui sera accompagné par des rassemblements régionaux devant les commissariats de l’éducation, vise à protester contre l’augmentation des cotisations sociales et la prolongation de l’âge de départ à la retraite.

Un rassemblement au niveau national sera également organisé au cours de la première semaine des vacances de l’hiver soit du 18 au 23 décembre prochain devant le siège de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).

Le directeur général de la sécurité sociale au ministère des Affaires sociales, Kamel Maddouri,  avait révélé dans une déclaration accordée à l'agence TAP, mercredi, que les salariés du secteur public qui auront atteint l’âge de 60 ans en 2019 partiront à la retraite après une année tandis que ceux qui auront 60 ans en 2020 partiront à la retraite après deux ans et ont le droit de continuer à travailler, un an, deux ou trois ans supplémentaires pour atteindre 65 ans.

Il a aussi indiqué que l’augmentation de l’âge du départ à la retraite touchera tous les corps de métier dans le secteur public.  Pour les corps actifs  (douane, armée, agents de police) dont l’âge du départ à la retraite est fixé à 40, 55 ou 57 ainsi sera porté à 42, 57 ou 59 ans avec la possibilité de poursuivre le travail trois ans supplémentaires pour ceux qui le souhaitent.

Le Gouvernement, l’UGTT et l’UTICA se sont aussi mis d’accord sur d’autres axes de la réforme  des régimes de sécurité sociale. Il s’agit de l’augmentation de 3% des cotisations sociales (1% pour les employés et 2% pour les employeurs), l’instauration d’une contribution sociale de solidarité de 1% sur les revenus bruts, l’amélioration de la gouvernance caisses des et l’élargissement du parapluie de la couverture sociale à travers l’intégration du secteur informel et l’éradication du travail au noir.

Le déficit des caisses sociales s’explique essentiellement par les mutations démographiques qu’a connues la Tunisie au cours des dernières décennies,  notamment le vieillissement de la population et la hausse de l’espérance de vie. D’après des statistiques officielles, le taux des personnes âgées de plus de 60 ans est passé de 5,5% en 1966 à 12% actuellement, et il devrait atteindre 18,2% en 2030. L’espérance de vie à la naissance est, quant à elle, passée de 51, ans en 1966 à 75,1% en 2015. Elle devrait atteindre 77 ans en 2030.  

 

Walid KHEFIFI