Alliances contre-nature et objectifs douteux - Le Temps Tunisie
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2018

Après la réunion Nidaa-Ennahdha-UPL

Alliances contre-nature et objectifs douteux

Jeudi 16 Novembre 2017
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Le monde n’a jamais enregistré autant de contrastes dans les alliances politiques comme il est possible d’ne voir en Tunisie.

Que peut-on attendre de bon d’une coalition entre un parti politique, Nidaa Tounès, qui a été légué par son fondateur à sa progéniture, en l’occurrence Hafedh Caïd Essebsi, le mouvement Ennahdha qui veut montrer montrer patte blanche et démontrer à l’opinion internationale qu’il a séparé entre le religieux et le politique, et, enfin, l’Union patriotique libre, dirigé par le très un homme suspecté de blanchiment d’argent, le mystérieux Slim Riahi qui ne cesse d’être servi par les circonstances.

Cette union contre nature a vu le jour, à la suite de l’annonce de la création d’un front parlementaire, à l’Assemblée des représentants du peuple, en vue d’un meilleur équilibre.

Cela semble ne pas être du goût, même de Nidaa Tounsè qui, pourtant, aurait trouvé un soutien pour contrecarrer les ambitions d’Ennahdha, surtout que le parti est en train de s’effriter, arrivant même à perdre des élus qui se sont joints au nouveau front parlementaire.

Nageant à contre-courant, Hafedh Caïd Essebsi a cru bon d’organiser ou, du moins, de participer à la réunionde la triade « Nidaa Tounès, Ennahdha et UPL, sachant pertinemment que cette alliance ne peut que servir des intérêts partisans et personnels.

Le directeur exécutif de Nidaa Tounès aurait pu sortir grandi et s’attirer des sympathies, s’il avait refusé cette alliance, mais, encore une fois, il est tombé dans le panneau de ses ambitions, en cherchant à tout prix d’être le « patron » de Nidaa Tounès, un parti auquel ont cru les Tunisiens pour contrecarrer les objectifs d’Ennahdha.

Malheureusement, Ennahdha maîtrise, aujourd’hui, tous les rouages de l’Etat et elle a placé ses partisans dans les postes-clés, alors que l’UPL a pu se replacer comme un partenaire politique incontournable et conditionnel allié, pour faire obstacle à toute velléité de ceux qui sortent des rangs.

Après la réunion, l’UPL est officiellement de retour au Document de Carthage et soutient le gouvernement d'union nationale. L'annonce a été faite à l'issue de la réunion de concertation ce lundi regroupant Nidaa Tounès, Ennahdha et l'UPL.

Il a été convenu aussi de constituer une commission technique commune entre les représentants de ces trois partis pour l'examen des projets de loi qui doivent être modifiés dont le projet de la loi de finances 2018.

Tout le monde attendait que le représentant du parti le plus important fasse une déclaration, mais cet honneur est revenu au président d’Ennahdha, RachedGhannouchi qui a donné le ton en  soulignant qu’une commission technique sera constituée pour étudier les dispositions de la loi de finances 2018, ce qui constitue un signal clair que le chef du gouvernement, Youssef Chahed, aura fort à faire pour contrecarrer les visées de cette alliance qui cherche, selon tous les analystes, à avoir sa tête.

Sur ce qui sera annoncé après le retour de l'UPL, Ghannouchi a dit qu'"il n'a pas encore été décidé si ça sera un élargissement de la coordination entre Nidaa Tounès et Ennahdha ou un nouveau groupe parlementaire". Cette question sera reportée à lundi prochain après une réunion prévue au siège d'Ennahdha, a-t-il annoncé.

Pour sa part, le porte-parole de Nidaa Tounès,MongiHarbaoui, a relevé la commission technique qui sera créée et qui représentera les groupes parlementaires des trois partis a pour objectif de surmonter les problèmes contenus dans le projet de la loi de finances et l'examen des modifications nécessaires à introduire dans l'intérêt national, a-t-il dit.

De son côté, le président de l'UPL, Slim Riahi a affirmé que le retour de son parti au Document de Carthage "est tout à fait naturel. Il est venu répondre à l'appel d'Ennahdha et de Nidaa Tounès pour renforcer le soutien politique au gouvernement (Sic)". L'UPL s'était retirée du gouvernement à une époque où il avait certaines réserves, a-t-il rappelé.

Faouzi SNOUSSI