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De Rachid Turki à Nabil Maâloul

Notre football ne retrouve son éclat qu’avec des sélectionneurs tunisiens !

Mercredi 15 Novembre 2017
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l’exception de Kristic, Kasperczak et Lemerre, le football tunisien a été au rendez-vous avec les échéances continentales et les grandes manifestations mondiales, grâce à des sélectionneurs purement tunisiens.

En effet,  14 sélectionneurs locaux se sont succédés à la tête des Aigles de Carthage, depuis l’indépendance.

Le premier a été le regretté Rachid Turki. Une année seulement après que notre pays eut retrouvé sa souveraineté (1957), la sélection nationale a obtenu la médaille d’or aux Jeux Panarabes de Beyrouth. Le duo « Rachid Turki - Hachemi Cherif », sans oublier Larbi Soudani (alors DTN), ont, tous les trois, mi la pierre angulaire de cette performance. Parmi les âgés du public  , ceux qui se souviennent encore sûrement des performances du onze national, en  dominant les dix pays participant à ces Jeux.

Avec peu de moyens et une logistique presqu’insignifiante, l’E.N a lancé, depuis, un avertissement solennel à l’Afrique, pour qu’elle soit sérieusement prise en considération dans les années à venir.

En effet, l’âge d’or du football national se situe entre le début des années « 60 » et la fin des années « 70 ». Laquelle période a été marquée par le passage de deux sélectionneurs d’envergure.

A commencer d’abord, par Ameur Hizem, qui a eu un double mérite : Le premier est d’avoir contribué à l’émergence du onze national aux J.M d’Izmir (70) avec une honorable deuxième place qui a valu une médaille d’argent et qui aurait dû se transformer en or, n’eut été une injustice arbitrale sur un but refusé à Abdessalem Chemmam lors de la finale contre la Yougoslavie, perdue sur le score de (1-0).

C’est à partir  d’une pléiade de joueurs  talentueux lancés par Ameur Hizem que son successeur Abdelmajid Chetali  allait bâtir  l’épopée de « 78 ». En fin psychologue, Chetali a eu le mérite lui aussi de constituer une équipe de Tunisie, et non pas une sélection, tellement l’ambiance au sein du groupe était  d’une chaleur indescriptible. Et ce n’était guère tâche aisée,  vu la qualité et le renom des joueurs  qui étaient vedettes à part entière dans leurs clubs respectifs. 

Les Attouga, Temime, Agrebi, Laâbidi, Jendoubi, Dhouib, Ghommidh, Limam, Tarek  etc.., des joueurs  qu’on ne trouve plus aujourd’hui, sont arrivés tous,  à former  un club, malgré les différences de caractères et de tempéraments. C’était bien  grâce à Chetali. Ce dernier, par le biais de cette osmose a permis à la Tunisie de se frayer,  pour la première fois de son histoire, une place en phase finale du Mondial. C’était en 1978, en Argentine.

Parler de Chetali sans évoquer le nom de Taoufik Ben Othman, c’est commettre une injustice envers  le « Marsois » car ce dernier a pris part lui aussi dans l’écriture de la page dorée de notre football, puisqu’après avoir été adjoint de Chetali, il s’est vu confier en 1986, les destinées de l’E.N. Celle-ci a fait merveille aux Jeux panarabes d’Amman (1986), en rentrant de la capitale jordanienne avec la médaille d’or. 

Un fait curieux resté obscur et inexplicable jusqu’à nos jours, dans l’avion de retour d’ Amman, Taoufik Ben Othman apprit sa mise à l’écart, à travers les journaux ! Pourquoi ? Dieu seul le sait. Illico-presto, il fut remplacé par Piechniczek, qui mena l’E.N aux Jeux olympiques de Séoul (1988) !!! Depuis, la sélection nationale a été confiée tantôt à des techniciens étrangers, tantôt, à des locaux.

Il a fallu attendre presque 40 ans pour voir un sélectionneur de souche tunisienne, en l’occurrence, Nabil Maâloul pour que le rêve  soit réalisé par des compétences purement tunisiennes.

Loin de nous, l’idée de favoriser  la moindre ségrégation, car le football reste universel. Néanmoins,  nous demeurons persuadés que les entraîneurs tunisiens en général ont de l’éminence, à condition de travailler dans des conditions idéales et d’avoir les moyens nécessaires pour mener leurs tâches, sans qu’on empiète dans leur  propre terrain. 

Il n’échappe à personne que chez nous, l’entraîneur étranger, est souvent privilégié, en subvenant à tout ce qu’il demande, en plus d’un salaire de loin beaucoup plus élevé.

Pourquoi ? Par complexe ? Ceci est presque vrai, quand on s’aperçoit qu’une multitude d’entraîneurs étrangers continuent jusqu’à nos jours, d’affluer vers nos clubs, sans aucun mérite, du reste ! 

A part Kristic, Nagy,  Amarildo, Piechniczek,  Kasperczak et Lemerre,  aucun entraîneur ou sélectionneur étranger  n’a laissé  une empreinte dans l’histoire de notre football qui se poursuit depuis plus de 60 ans.

Par manque de courage et surtout par méconnaissance dans la plupart des temps, les responsables des clubs préfèrent l’ « étranger », alors que les résultats ont montré carrément  l’échec de cette option. 

Sur les quatre clubs tunisiens éliminés  des Coupes africaines,  trois ont bu le calice jusqu’à la lie, le CSS, le CA et l’ESS, avec des entraîneurs étrangers,  ajouté à l’EST, avec Faouzi Benzarti. 

Or,  la qualification du onze national  pour le Mondial russe,  est en quelque sorte,  une belle réhabilitation pour le staff technique tunisien et une belle récompense décernée  par Nabil Maâloul à ses compères tunisiens ! 

Raouf CHAOUACHI