Slim Riahi de retour dans le giron des parrains - Le Temps Tunisie
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Pacte de Carthage ou la monnaie d’échange

Slim Riahi de retour dans le giron des parrains

Mercredi 15 Novembre 2017
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La photo de Slim Riahi, de Rached Ghannouchi et de Hafedh Caïd Essebsi, côte à côte, a fait le tour des réseaux hier. Un cliché pris à l’issue de la réunion des trois partis (Union patriotique libre, Nidaa Tounes et Ennahdha) et annonçant le retour ‘surprenant’ de l’UPL au sein des signataires du pacte de Carthage.

Un an après que le président de l’UPL ait déchiré, à l’occasion de la tenue de la Conférence internationale Tunisia 2020, le pacte de Carthage, le voici qui tente de recoller les morceaux à l’aide de ses alliés/ennemis d’Ennahdha et de Nidaa Tounes. Il faut dire que depuis qu’il ait rompu avec le pouvoir en place, Riahi a subi plus d’une mésaventure entre les différents tribunaux du pays. Des accusations de blanchiment d’argent ayant conduit au gel de ses avoirs, Slim Riahi avait failli, il y a à peine quelques mois, se retrouver derrière les barreaux à cause d’une affaire de chèques sans provision. 

Le président de l’UPL avait, quelques semaines après avoir annoncé son départ du pouvoir pour se placer du côté d’une certaine opposition qui serait critique mais constructive, entamé une série de déclarations et d’interviews visant, presque toutes, le mouvement d’Ennahdha et sa ligne politique basée, essentiellement, sur l’islam politique. Plus tard, Slim Riahi, en collaboration avec le secrétaire-général d’Al Machrou, Mohsen Marzouk, a entamé une série de négociations pour lancer ce qu’il souhaitait nommé le Front du salut et du progrès. Ainsi, Riahi s’était entretenu, pendant des mois, avec Mohsen Marzouk, Ridha Belhadj, Faouzi Elloumi, Abdelaziz Mzoughi et d’autres rescapés du Nidaa dans le but de ressusciter la force d’équilibre de 2013 et de battre l’alliance Nidaa Tounès-Ennahdha en vue des prochaines étapes électorales du pays.

Seulement voilà, et à cause de quelques égos démesurés, le projet a été avorté avant même qu’il ne soit officialisé et de là avaient commencé les malheureux périples de Riahi. Accumulant affaire sur affaire, Slim Riahi et les dirigeants de son parti ont directement accusé des membres d’Al Machrou d’avoir mené des interventions visant à "faire tomber le président de l’UPL".

Ayant été obligé de quitté la présidence du Club Africain (CA), Slim Riahi a fini, au bout d’une année de "lutte", par céder aux pressions et accepter de revenir sous la couple du consensus et de la cohabitation. Toutefois, ce retour tant attendu a été marqué par l’exclusion des autres signataires du même pacte ; Afek Tounes, Al Machrou ou encore Al Jomhouri n’ont pas été conviés à prendre part à la réunion du lundi. Une exclusion qui a été expliquée par certains comme étant une tentative d’Ennahdha et de Nidaa Tounès de faire main basse sur le pacte de Carthage et sur le gouvernement de Youssef Chahed en reformant une Troïka version 2.0.

Entretemps, le nouveau Front parlementaire est en train de s’activer et une réunion est attendue aujourd’hui même entre ses différentes composantes en vue d’une officialisation imminente. La scène politique tunisienne, qui traîne depuis de longs mois, connait une accélération des événements sans précédent le tout à quelques semaines de la discussion du très controversé projet de loi de Finances 2018. Au vu des événements, on se demanderait si le gouvernement Chahed ne serait pas le seul à trinquer !

Des partis politiques dénoncent

Des partis politiques ont dénoncé hier, la décision "unilatérale" des mouvements Ennahdha et Nidaa Tounès de réintégrer le parti de l'Union patriotique libre (UPL) dans la sphère du pouvoir en dépit des poursuites judiciaires dont son président fait l'objet pour suspicion de corruption.

Dans une déclaration commune, les signataires estiment que le compromis trouvé entre Ennahdha, Nidaa Tounès et l'UPL sur le candidat à la présidence de l'instance électorale (ISIE) est de nature à porter atteinte à l'indépendance de l'instance et entamer la confiance dont elle jouit auprès des Tunisiens.

Les signataires, parmi lesquels figurent des partis signataires du Document de Carthage, appellent à un large consensus entre tous les groupes parlementaires autour du nouveau président de l'ISIE. Ils ont mis l'accent sur le souci d'organiser les élections dans les plus proches délais.

 

Machrou Tounes, le parti de l'Avenir, Afek Tounes, Al Moubadara, le parti du travail patriotique et démocratique, Al Joumhouri, Al Massar, la Tunisie D'abord, Al Badil-Ettounsi et le Parti de l'édification démocratique ont signé la déclaration.

Salma BOURAOUI