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2018

Taxe sur les séjours touristiques

Qui paiera les pots cassés?

Mercredi 15 Novembre 2017
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La loi de finances l’a programmée et les professionnels la contestent. L’instauration d’une taxe de 3 dinars sur chaque nuitée passée dans un hôtel, au profit du budget de l’Etat, inscrite dans le cadre du projet de Loi de finances 2018 (PLF) (l’article 50) renforcera davantage la crise financière que vit le secteur touristique et les unités hôtelières, estime la Fédération tunisienne de l’hôtellerie (FTH). Toutefois, la FTH n’a pas d’explication sur les recettes touristiques de cette année, ainsi que sur le fait qu’il n’y a aucun indice qu’elles vont améliorer la situation du secteur.

Intervenant lors d’une séance d’audition tenue, en début de semaine, par la commission des finances, de la planification et du développement relevant de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le président de la FTH Khaled Fakhfekh, a indiqué que les unités touristiques vont supporter cette taxe, car les contrats signés avec les agences de voyages s’étalent sur une ou deux ans et leurs montants sont fixés d’avance. 

Pour le responsable, l’article 50 du PLF ne renforce pas la justice fiscale car il ne prend pas en considération les spécificités de chaque institution, notamment son classement, son emplacement géographique et l’importance des travaux tout au long de l’année.

La fédération appelle à éliminer la taxe sur la consommation de boissons alcoolisées et propose d'augmenter les droits annuels des licences d’alcool. Elle suggère la révision du système d’incitation fiscal pour faire bénéficier les institutions d’hébergement touristique.

Le secteur qui était l’un des plus importants pourvoyeur en devises ne remplit plus son rôle, surtout qu’aucun indice ne montre que des rentrées de monnaies étrangères provenant du tourisme n’ont été enregistrées par la Banque centrale de Tunisie.

300 restaurants ont mis la clef sous la porte 

Entretemps, la période passée avait été très dure, pour le secteur du tourisme et environ 300 restaurants tunisiens sur un total de 650 ont mis la clef sous la porte, alors que le reste a été vendu, comme l’a affirmé le président de la Fédération tunisienne des restaurants touristiques Sadek Kouka (FTRT).

Intervenant lors d’une séance d’audition tenue par la commission des finances, de la planification et du développement relevant de l’ARP sur le projet de loi de finances 2018, le responsable a indiqué que les restaurants touristiques sont les plus lésés à cause de la formule All Inclusive adoptée par les hôtels au cours des dernières années. Cette formule n’encourage pas le client à sortir de l’hôtel et découvrir les spécificités du pays, a-t-il expliqué. 

Et d’ajouter que les restaurants touristiques font face à une concurrence déloyale de la part des salons de thé qui ne répondent même pas aux conditions auxquelles sont soumis les restaurants au niveau de la formation des ouvriers, outre le problème de la pression fiscale qui a poussé des dizaines de professionnels à fermer.

Dans ce cadre, la FTRT a exprimé son étonnement par rapport à la TVA laquelle (taxe) est passée de 6% à une moyenne variant entre 14 et 16% (le chiffre d’affaires des restaurants touristiques est divisé entre 6 % pour la restauration et 18% pour l’alcool), d’autant plus que ce taux a renforcé les bénéfices de l’Etat.

La fédération appelle à maintenir le taux d’imposition sur la consommation à 6% à l'instar de ce qui est en vigueur dans tous les pays du monde (entre 5 et 5,5%) et à rationaliser le secteur des salons de thé, outre la révision des lois notamment celles liées à la vente de boissons alcoolisées qui génèrent au budget de l’Etat 180 millions de dinars par an.

Faouzi SNOUSSI