Ridha Charfeddine rompt le silence: «Chaque nouveau cycle a ses exigences et aussi ses hommes» - Le Temps Tunisie
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Ridha Charfeddine rompt le silence: «Chaque nouveau cycle a ses exigences et aussi ses hommes»

Dimanche 5 Novembre 2017
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ESS: Ridha Charfeddine rompt le silence: «Chaque nouveau cycle a ses exigences et aussi ses hommes»

Après  deux  semaines de la  défaite d’Alexandrie  et dix  jours du  limogeage de Jenayeh et Jaziri, le  président  de l’ESS  qui a promis de  prendre   les  mesures  qui s’imposent,  a rompu  le silence  pour  éclairer  l’opinion  publique  sportive  et annoncer  quelques  mesures  de nature  à  confirmer  les  nouvelles  orientations  prises  par le premier  responsable  du club sahélien, l’ESS.  

Dans son intervention radiophonique, d’emblée, Ridha  Charfeddine  a  tenté  d’expliquer  les  causes du  retard  pris  pour  réagir  suite  à la  déroute  subie en  compétition de la  Ligue des Champions,  en  précisant « dans  ma quête de diagnostiquer  les  causes de  cette situation , il a fallu  que  je  consulte  beaucoup de monde  à l’intérieur  et en dehors du  cercle de l’ESS, donc  d’écouter  beaucoup de personnes  y compris  le  large public étoilé, cela  a pris du  temps  certes  mais  au moins  le diagnostic  dégagé  c’est que  le  public et  les  étoilés  en général  sont  sortis  blessés , touchés dans leur  amour propre du  club.  Avant  la  sortie de route  d’Alexandrie, il y a eu  une  première  sortie  face à l’EST   en finale de  championnat qui aurait  pu servir d’alerte. En comptant  sur la LC  pour repartir de nouveau,  il  a fallu investir  de nouveau  en recrutant d’autres  joueurs (Maraî, Chermiti  et bien  d’autres) mais  le résultat  vous le connaissez  est en dessous de toutes les espérances du  public  d’abord  et de moi-même  car  on avait escompté sur les  retombées  financières de la  compétition africaine. Sauf que  les  personnes en qui j’avais confiance  pour assurer  la bonne marche  de l’équipe, ont perdu  le sens  des réalités  en s’éloignant du  public  en favorisant  des pratiques  au sein du groupe  pour le moins  inquiétantes  ce qui a précipité  la  débâcle  en  Ligue des Champions. La question dans ce cas,  est  soit de  faire  table rase  et  repartir de nouveau  ou  lâcher  prise  et laisser  les autres  faire ?  Comme  je n’ai pas  l’habitude de me dérober de mes  responsabilités,  et après  avoir  été  réellement  moi-même  sonné  j’ai  fait  le choix de prendre  encore  des risques  en  continuant  à soutenir  mon club, sachant  que seul  le public  décidera  qui reste  et qui doit s’en aller »  et  de poursuivre « … à partir  de là  j’ai compris  qu’en tant que premier  responsable il est  de mon devoir  de donner l’impulsion , d’ouvrir  la  voie  vers  un futur  meilleur ».  Mais  dira  encore le président étoilé «  poursuivre  la  même  mission  certes  mais  avec  un autre  esprit, une autre vision   pour tout  dire  avec  d’autres  hommes ».

 

Pour une autre gouvernance 

Tirant  la leçon de ce qui s’est passé  ces  derniers  mois, et voulant  rompre  avec « l’ancien système », Ridha   Charfeddine   voit  la nécessité de  changer  la manière de gérer le club. En effet,   au lieu de laisser  faire  des personnes, souvent  sans  aucun  moyen de contrôle (en référence à l’ère  Jenayeh-Jaziri), il est désormais  acquis que  « la section  football de l’ESS sera  gérée  par  des comités (financier, juridique, administratif)  à caractère  consultatif  de nature  à  éviter  les abus  éventuels, et  formés  de  personnes  éminemment  compétentes, bénévoles, connues pour leur amour  indéfectible au  club ». Dés lors, « les postes  de directeur exécutif  et directeur sportif  n’auront  plus  cours dans  la structure  institutionnelle du club ».  A l’évidence,  le club sahélien  après   un cycle    le public  a connu, à la fois joie et fierté  amis aussi  défaites et  déceptions,  entame  dira  son président  un  nouveau cycle    d’autres  hommes  sont  sensés  prendre la relève  en faisant  valoir leur  compétence et leur  vision dans la  gouvernance du club ». Magnanime, le  président   étoilé  ne manquera  de préciser  au passage «que dans  cet ordre d’idées, le départ  de Jenayeh et Jaziri   ne doit pas  être compris  comme une sanction, loin s’en faut, mais   simplement  une reconnaissance implicite  que  d’autres compétences  peuvent aussi  apporter  le plus au  club ». A dire  vrai  conclura Charfeddine «Pour avoir  pris la  décision de se passer  de Jenayeh et Jaziri  c’est que tout autant que  le public  j’ai  beaucoup  souffert de ces  deux  secousses  ressenties  lors de la finale du championnat et  en demi-finale de la Ligue des Champions. Ma réaction   dans ce cas   est  on ne peut plus  logique  en  choisissant la  voire de la raison d’abord  pour  ne pas  abandonner  le club  dans un carrefour, ensuite  d’assurer la  continuité du  club  en lui assurant  les  meilleures conditions, enfin  de donner l’impulsion  pour  repartir de nouveau  avec d’autres  hommes et  de nouvelles  exigences ». Aussi,  Jenayeh et Jaziri  s’ils  « ont failli  à un moment dans leur mission,  ils doivent  bien comprendre  que  l’ESS  est  toujours  leur club  mais  qu’ils  doivent pour autant   observer  une pause  pour  se ressourcer ».

 

Rappel  à l’ordre pour  les  joueurs

Une page étant  tournée dans l’histoire du club, «une autre  s’ouvre, donc  un nouveau cycle » dira R. Charfeddine. Pour  ce faire,  nous devons « éviter  les  erreurs du passé, en repensant  les  méthodes de travail,  les  rapports entre  les  dirigeants –staff technique-joueurs pour mettre  les  jalons d’une nouvelle  étape ». A commencer  par  l’aspect  le plus   important  à savoir le côté sportif. Le président de l’ESS,  ne cache pas  sa déception  vis-à-vis de certains  membres du  groupe. Indiscipline, manque de rigueur,  laisser-aller   voire   plus, bref  c’est  carrément  le dysfonctionnement au niveau de la section. Pourtant  ajoutera Ridha Charfeddine, « les  joueurs depuis  plus d’un an  ont  vu leur  situation matérielle  s’améliorer  en  révisant leur  contrat à la  hausse,  les  primes   réglés et  les salaires   perçus à temps. Pour  l’avenir,  nous allons «  rappeler  aux  joueurs  à  leurs  devoirs,  que le club  ne peut  plus  supporter   certaines pratiques  qui n’ont rien à voir avec  l’éthique sportive  et  que leur implication dans le projet de la section doit  être  réelle et  effective, faute de quoi, la direction du club prendra les  mesures qui s’imposent afin d’éviter l’hémorragie ». Dés lors, finira  en substance par  dire  Charfeddine»   qu’un  joueur  ne peut  plus  ou ne veut plus  donner  à son équipe, il est  préférable  qu’il  aille  voir  ailleurs ».

 

Un   entraineur en sursis

Pour ce qui  de l’entraineur  principal, le président  s’il  considère que  le  technicien  français  assume une part de responsabilité dans  cette situation , n’en bénéficie pas  moins de circonstances  atténuantes  dans la mesure  où il a été  dépassé un moment par  les  événements.  Du coup,  et attendant «l’arrivée  d’un  technicien  au  profil  en adéquation avec les  objectifs du  nouveau  cycle, dira  le président Charfeddine,  nous allons   confier  les  commandes  à Hubert Velud   jsute le temps  de dénicher  l’oiseau  rare ». Cela  peut aller d’un à deux  mois. Mais …

Mais  un staff  technique presque  entièrement   revu.

Sachant que le  staff technique précédent a été   congédié, le président de l’ESS  en concertation avec  les  anciens   joueurs, fait appel  à deux  techniciens , l’un tunisien et l’autre étranger, « comme   adjoints  à Velud  pour  le seconder dans  sa mission provisoire. Sans  révéler  leur  noms, mais  Cherfeddine  a laissé entendre qu’il s’agirait  d’un  tunisien  ayant  exercé  plus de deux décennies   dans les pays du Golfe ( le public  pense à Taoufik Zaâboub) et  d’un étranger  suffisamment  expérimenté  ayant  une  parfaite connaissance du  football  tunisien. Pour autant  le  président  étoilé  a  promis que leurs noms ainsi que d’autres  techniciens  sollicités   seront  au plus tard connus  mardi prochain  juste avant que l’équipe n’effectue son déplacement  à Kairouan » . On parle également de la possibilité de  faire  appel à Ali Boumenijel   pour  s’occuper des gardiens. 

 

Un comité  consultatif  pour  éviter  les mauvaises pratiques 

Pour assurer la « jonction » entre  le staff technique et le fameux  comité  consultatif  en charge de l’aspect  sportif  notamment  l’évaluation, le recrutement, la bonne gestion des contrats des  joueurs,  l’ancien  gloire  de l’ESS, Zoubeir  Beya    a proposé  bénévolement   ses services  au président  Charfeddine qui  l’a accepté  d’entré. Ce comité   comprendra  désormais  les  noms   d’anciens  joueurs de l’ESS à l’image de Abderrazek Chebbi, Karim Haggui, Yassine Chikhaoui, Riadh Bouazizi   éventuellement  Radhouane  Salhi  tous  évoluant   actuellement  en dehors de la  Tunisie, donc  loin des  tumultes de la rue  à Sousse. « Leur   mission,  ne manquera pas  de le préciser  Charfeddine , sera  essentiellement  consultative, collégiale et  bénévole ».  La concertation  sera  à la base de la nouvelle  gouvernance  du club de l’Etoile.

Bref,  en rompant   son silence  de la sorte, le président de l’ESS, après  avoir  tant  consulté et écouté  semble  donner des  gages de sa  bonne foi, de sa volonté de poursuivre  sa mission à la tête de l’ESS,  mais  surtout   de rompre avec  un passé  qui a  accablé  tant soit  peu la  bonne gouvernance du  club. En  choisissant   la voie de la  sérénité  et de la  sagesse, le premier   responsable  de l‘ESS   s’est résolu  à se  mettre  du côté de la  majorité du public sahélien  qui porte le club dans  leur cœur.  Il va sans dire que  le retour  à  la  compétition  et les résultats  y  subséquents   confirmeront   si   les  premiers  pas des nouveaux  venus  sont sur la  bonne voie. Les  grands  clubs  vivent  de cycles, alternant  les  bons et les mauvais,  l’important  c’est de pouvoir  assurer les passages et les  transitions  sans  accros. 

Sadok SLIMANE