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ISIE- Volonté de certaines parties à «se passer de l’instance»

ATIDE dénonce

Jeudi 2 Novembre 2017
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 L’Association tunisienne pour l’intégrité et la démocratie des élections (ATIDE) a estimé, dans un communiqué rendu public hier, que les échecs répétés de l’élection d’un nouveau président à la tête de l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) reflètent «la détermination de certaines parties prenantes à vouloir porter atteinte à l’image de l’instance, à la dissoudre ou à s’en passer», tout en appelant les parlementaires à sauvegarder cet acquis de la transition démocratique.

«L’Association tunisienne pour l’intégrité et la démocratie des élections considère que le nouvel échec de l’Assemblée des représentants du Peuple (ARP), lundi 30 octobre, à élire un nouveau président de l'Instance supérieure indépendante pour les élections est une obstruction systématique», a-t-elle souligné.

Réunie lundi en plénière, l’ARP a échoué pour la quatrième fois consécutive à élire un président à la tête de l'ISIE, en dépit d’un consensus préliminaire autour de l'un des candidats en lice.

 «Ces reports répétés reflètent la détermination de certaines parties prenantes à vouloir porter atteinte à l’image de l’Instance, à la dissoudre ou à s’en passer, et visent à retarder les élections municipales ou même à les annuler», a précisé l’association présidée par Leïla Chraïbi.

L’ATIDE a également estimé que le retard qu’accuse l’élection du nouveau président de l’ISIE s’explique par des «calculs politiciens au sein de l’ARP, notant que cette situation affecte l’image et la crédibilité du conseil de l’ISIE en raison du message négatif qu’il véhicule au sein de la population.

Elle a, par ailleurs, appelé les partis, l’ARP et les blocs parlementaires à assumer leur responsabilité historique en sauvegardant l’ISIE en tant qu’un des acquis de la transition démocratique, en élisant sans tarder son président tout en plaçant l’intérêt suprême du pays au dessus des intérêts politiques étroits.

Lors de la séance tenue lundi à l’ARP et consacrée à l’élection d’un nouveau président de l’ISIE, aucun des candidats en lice pour ce poste, en l’occurrence Najla Brahem et Mohamed Tlili Mansri, n’a obtenu le nombre de voix requis, soit 109 voix.

Mohamed Tlili Mansri a recueilli 100 voix et Najla Brahim 51 voix avec 18 bulletins blancs et un bulletin nul.

Le vice-président de l’ARP, Abdelfattah Mourou, a annoncé  que les résultats du vote seront soumis pour examen au bureau de l’ARP et à la réunion des groupes parlementaires pour parvenir dans les plus brefs délais à un consensus et élire le président de l’ISIE.

Le député  Ammar Amroussia (Front populaire) a déclaré dans ce cadre que le fait de ne pas parvenir à l’élection d’un président de l’ISIE est la preuve qu’il existe des désaccords entre les composantes de la coalition au pouvoir, ce qui aura de graves conséquences sur le travail de l’instance électorale à l’avenir mais aussi sur les élections municipales.

Un membre du conseil de l’ISIE, Adel Brinsi, a fait remarquer, quant à lui, que l’échec du parlement pour la quatrième fois consécutive à élire un président à la tête de l’ISIE vient démontrer vraisemblablement que ce blocage ne serait pas lié aux personnes, mais plutôt à des calculs partisans.

Cité par l’agence Tap, M. Brinsi a appelé les partis politiques à faire preuve d’engagement et de responsabilité, au regard de l’étape délicate que traverse le pays.

Selon lui, la proposition formulée par certains élus du peuple et qui prévoit la désignation par l’ISIE d’un ou deux candidats à la présidence du Conseil de l’Instance pour accroitre les chances d’éligibilité risque de priver des membres du conseil de ce droit.

«Si cette option pouvait débloquer la situation, nous serions prêts à se concerter et à pousser dans ce sens, à condition que le parlement apporte, à son tour, une garantie de consensus autour de l’un des candidats proposés, mettant ainsi fin à ce chapitre qui a longtemps perduré», a-t-il cependant avancé.

Walid KHEFIFI

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