«Je suis née pour chanter le fado» - Le Temps Tunisie
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La grande "fadista" portugaise, Cuca Rosetta, est parmi nous:

«Je suis née pour chanter le fado»

Vendredi 20 Octobre 2017
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Icône du fado contemporain, Cuca Rosetta sera l'invitée du festival Mûsiqât aujourd’hui vendredi 20 octobre à 20h. Avec ses cinq musiciens, cette artiste emblématique du fado lusitanien emportera ses auditeurs pour un voyage unique dans les sonorités d'une musique qui à elle seule symbolise le chant du Portugal...

Le fado portugais a de plus en plus d'amateurs en Tunisie et il ne se passe plus une année sans la présence parmi nous d'un ou plusieurs artistes de ce genre qui exprime la troublante "saudade", cette mélancolie lusitanienne si recherchée par les puristes et adeptes de ce genre musical.

 

Amalia Rodriguez et la nouvelle génération

Amalia Rodriguez est l'une des égéries du fado au point où son nom se conjugue désormais avec les inflexions de cette musique qui appartient aussi bien à la mélopée qu'aux hymnes de joie. A l'ombre de cette immense artiste, des milliers de fadistas connus ou anonymes chantent aussi une tradition qui a aussi ses nouvelles figures emblématiques, à l'image de Cuca Rosetta qui se produit ce soir à Ennejma Ezzahra, dans le cadre du festival Mûsiqât.

Cuca Rosetta est l'une des étoiles montantes dans le ciel du fado. Elle l'affirme haut et fort: "Je suis née pour chanter le fado". Et elle ajoute que pour elle, le fado n'est "ni joie ni tristesse mais une expression de la vie". La venue de Rosetta en Tunisie est en soi un événement et même si le fado reste relativement peu connu sous nos cieux, le concert de cette star comptera certainement parmi les moments mémorables de la diffusion de la culture portugaise en Tunisie. Grâce aux efforts de l'ambassade portugaise et de l'Institut Camoes, Rosetta est ainsi parmi nous et offrira au public de découvrir son répertoire tout en proposant également quelques compositions réputées d'autres artistes.

 

Quand le "tarab" renaît dans l'élan de la "fadista"

Les quatre derniers albums de Cuca Rosetta ont confirmé l'ascension de cette chanteuse et aussi sa collaboration avec deux compositeurs incontournables qui sont Gustavo Santaolalla et Nelson Motta. Avec une présence scénique sobre et puissante à la fois, Rosetta est bien dans la lignée des grandes fadistas qui expriment la passion avec leur voix et aussi les inflexions de leur corps qui vibre au son de la musique. Il en est ainsi des interprètes du fado qui presque à voix nue, cherchent à communiquer sensations et sentiments à leur auditoire. Telle une diva diaphane, Rosetta accorde une très grande importance à la présence scénique, aux costumes et aux accessoires. Pour elle, un récital est un tout dans lequel rien ne doit être laissé au hasard pour atteindre les seuils de l'émotion que nous nommons "tarab" en arabe.

Car le fado, c'est l'expression même du "tarab"! Cette musique qui par la grâce de la voix quête la sublimation est en fait très proche du chant oriental, s'y apparente et semble être nourrie aux mêmes sources. C'est d'ailleurs une véritable expérience interculturelle de découvrir le fado pour une oreille arabe dans la mesure où l'élan de ce chant est proche de celui que prennent les interprètes de mawal. C'est pour toutes ces raisons que le récital de Cuca Rosetta est prometteur à plus d'un titre. De plus, avec des approches vers ces musiques néo-traditionnelles, le festival Mûsiqât confirme sa vocation  et continue à cultiver dans des styles qui font toute la diversité des musiques du monde.   

Hatem BOURIAL

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