Les fatigants «surpouvoirs» des nouveaux maîtres du pays ! - Le Temps Tunisie
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Mémoire du temps présent.. Sondages détraqués ou sondages vrais…

Les fatigants «surpouvoirs» des nouveaux maîtres du pays !

Jeudi 12 Octobre 2017
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Par Khaled Guezmir

La Tunisie est-elle devenue, depuis 2011, le pays des repères éclatés ! A vous de juger… Notre  Islam, jadis si heureux et si tolérant, a fait un bond de 14 siècles en  arrière, où tout est interdit et comme l’interdit est désirable, nous sommes tous promis par le salafisme rampant, à «l’enfer» codifié par les hommes, mais,  jamais prescrit par Dieu. En effet ce fameux « baiser ardent  » sanctionné par 4 mois  de prison ferme, est tout simplement le reflet de ce dérapage à plus de 260 km/heure, de notre nouvelle perception de « l’attentat à la pudeur »  et aux « bonnes mœurs ». Mon collègue et ami Si Moncef Ben Mrad, petit fils de Bchira Ben Mrad, femme musulmane, fille de cheikh el Islam et leader en matière de relecture et d’interprétation des textes sacrés, pour la libération de la femme du carcan de l’obscurantisme médiéval,  aura tout dit ! Nous assistons à l’interprétation d’une mauvaise loi complètement désadaptée à l’évolution du monde  et du rythme de la planète. Or, quand la loi tombe en désuétude et ce depuis Aristote, il faut oser la contourner en attendant de la changer, par une interprétation jurisprudentielle qui fait progresser le droit positif lui-même dépassé par l’évolution de la société  et des mœurs. De là, on peut penser à juste titre que 50 millions  de dinars destinés  à la promotion du tourisme et de l’image de la Tunisie  dans le monde, sont partis en fumée, car la pénalisation d’un baiser par une privation de liberté  est absolument inacceptable, tellement incroyable dans un pays ouvert comme la Tunisie à plus  de 10 civilisations toutes chantant l’amour, y compris l’Islam  spécifique tunisien, que les prédicateurs des ténèbres  attaquent de toute part.

Autre repère, détraqué et comment… la politique ! Le dernier sondage « Sigma »  exprime parfaitement  le désarroi des Tunisiennes et des Tunisiens à dire la chose et son contraire. Ça frise réellement   le surréel !

Ou, alors, comment  expliquer  ce pessimisme  énorme qui enveloppe le pays à 75,4% des sondés, alors que 76,9% expriment leur satisfaction   du rendement  du Premier ministre Youssef Chahed et 50,4% sont bien contents du rendement du président de la République Béji Caïed Essebsi. Ce qui est rassurant   à mi-mandat,  alors que dans d’autres pays et je ne citerai que la France, l’ex-président François Hollande à mi-mandat était crédité   de moins de 30% d’opinions favorables.

Comment expliquer ce transvasement  à la Torrecelli, l’inventeur du « Baromètre », où un jour on voit noir et un jour  on voit blanc !

Pourtant,   le phénomène est tout à fait compréhensible  et les sondés ont tout compris. Ça  se résume dans la grande difficulté à gérer   ce pays  de plus en plus  ingouvernable. Tout le monde a tendance  à demander l’impossible aux « acteurs » au pouvoir. Or, à l’impossible, nul n’est tenu, quand de toute part, aussi, on met les battons  dans les roues de la machine  Etat et  de ceux qui la tirent à savoir l’exécutif à deux  têtes,  présidences de la République et du Gouvernement.

Pis encore,   plus personne  n’est disposé   à un quelconque « sacrifice »  de ses droits jugés  « acquis » et intangibles,   et ce, contrairement à toutes les déclarations  « rassurantes » des  groupes  de pression…

Rien n’a l’air    d’impressionner tous   ces organisations qui  ont pris possession  de la volonté  des Tunisiens, mais qui mène tout à fait  au blocage  général du moral  des Tunisiens,  toutes catégories   sociales confondues  et à une  dégradation de l’économie, pire que celle   vécue  du temps de l’ancien  régime « dictatorial ».

Ni le naufrage   constant   du Dinar,  ni la délocalisation  d’entreprises tunisiennes  et étrangères,    par centaines, vers  des rivages  proches, plus cléments  et surtout  plus apaisés, ni   le désespoir   de la jeunesse   qui reprend  la mer  vers l’Italie  et l’Europe, rien  n’interpelle ces « Mastodontes »,   qui écrasent  tout sur leur passage,   comme les éléphants d’Hannibal.

Nous assistons  à un début  d’appropriation  de l’Etat  non pas par le pouvoir  exécutif,   mais par  des organismes qui s’installent  en « rentiers » de la   politique  et qui confisquent la volonté  des Tunisiens  et leur culture ancestrale  du pragmatisme  et du réalisme.

D’où cette masse   des citoyens  qui sont pessimistes, tout en s’accrochant  à l’Etat et ses représentants au pouvoir   élus depuis 2014, malgré  des résultats bien  en deçà des ambitions du pays et la crise  financière  majeure et étouffante  qui s’installe  dans la durée.

Les classes moyennes  tunisiennes  véritables  « possesseurs »  du pays, savent ce que  l’anarchie   leur a fait perdre avec ces élans  « populistes » exaltés  et  irresponsables  et toute cette instabilité sociale emballée à longueur d’année  depuis 2011.

Alors, n’accusons pas les « sondages » de « manipulations ». C’est  vrai qu’ils ont l’air de « dérailler » mais ils  sont l’expression même  de ce que nous  ne voulons pas admettre : Le pays va mal,   parce que la raison  a cédé à la passion et l’ambition  du pouvoir transcende    l’amour du pays.

Le pire  c’est que tout ce beau monde,   ne sait pas, qu’il n’y a dans  cette attitude  et cette fuite en avant vers les revendications  excessives  et permanentes, que des « Perdants »  avec un grand « P ».

Seul le retour  à la raison,  au pragmatisme  et à l’apaisement  social, peut mener au redressement  du pays… avant que ce ne soit trop tard !

Quelqu’un parmi ces « Messieurs »  a-t-il visité  la Syrie, ces derniers temps !

Bof…  ils s’en foutent  les nouveaux maîtres de la Tunisie « démocratique » !

K.G.