Pièce à conviction - Le Temps Tunisie
Tunis Dimanche 10 Décembre 2017

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Dec.
12
2017

Chronique

Pièce à conviction

Jeudi 12 Octobre 2017
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Oui, elle aurait disparu tout simplement du tribunal. Comme par enchantement. Ceci expliquant cela, l’affaire Brahmi est, encore une fois, reportée à une date ultérieure. Fin décembre, le miracle aura-t-il enfin lieu ? Au train où vont les choses, il est permis d’en douter. Et la défense, à cet égard est bien dans son droit de demander l’audition de Laarayedh, ministre de l’Intérieur à l’époque de la Troïka, et dont le nom figure dans cet enregistrement, volé au tribunal, cité par l’un des accusés qui aurait demandé à ce qu’Ali Laarayedh soit présent au moment de son interrogatoire sur l’assassinat du martyr Brahmi. Coïncidence ? Pur hasard ? Grosse déveine ? C’est ainsi. 

Dans les deux affaires d’assassinat des premiers martyrs politiques de la Tunisie postrévolutionnaire, le nom de Laarayedh est revenu à chaque fois, sur le devant de la scène, -scène du crime-, pour être à chaque fois escamoté. Pourquoi ? Comme le dit si bien une certaine sagesse populaire : il n’y a pas de fumée sans feu. Et là, elle fait écran ô combien, et contribue pleinement à l’obstruction d’une enquête, où plusieurs parties sont mêlées pour étouffer la vérité dans l’œuf, et en reporter l’échéance jusqu’aux calendes grecques.  

Bien entendu, comme toute affaire de cet ordre-là, il fait se pourvoir d’une patience sans failles pour arriver à démêler l’écheveau, inextricablement mêlé, d’un double meurtre politique, commandité par les mêmes instances, qui ont tout intérêt justement, à ce qu’une pièce à conviction aussi importante, s’égare d’un tribunal, censé être cadenassé à quadruple tour, pour être aussi infaillible qu’une justice, qui a du mal à advenir aujourd’hui. Mais ce n’est, n’est-ce pas, qu’une pure coïncidence…

Samia HARRAR