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Référendum Catalan: Le saut dans l'inconnu

Dimanche 1 Octobre 2017
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Référendum Catalan: Le saut dans l'inconnu

 

Aujourd’hui, les Catalans sont appelés à participer à un référendum d'autodétermination. Malgré les efforts de Madrid pour qu'il n'ait pas lieu, le gouvernement régional catalan poursuit son objectif d'organiser le scrutin et a annoncé qu'il mettrait en place 2 300 bureaux de vote. Vote, pas vote, qui ira voter ? Un scrutin inédit qui comporte à quelques heures de sa tenue beaucoup d'inconnues.

Forts de dizaines d'écoles occupées à la veille d'un référendum d'autodermination à hauts risques en Catalogne, les séparatistes se disent prêts pour cette consultation interdite par la justice et que le pouvoir central espagnol veut empêcher à tout prix.

«Votarem» («nous voterons» en catalan) ont scandé vendredi soir plusieurs milliers d'indépendantistes, venus assister au dernier meeting de Carles Puigdemont, leur dirigeant et président de cette région du nord-est du pays depuis début 2016.

Des milliers de personnes, brandissant des drapeaux espagnols, ont manifesté hier à Madrid pour défendre l'unité de l'Espagne.

Mais pour la Catalogne, l'Espagne, et même l'Union européenne, le référendum de ce dimanche est un véritable saut dans l'inconnu. A commencer par savoir si le scrutin pourra se tenir comme prévu. « On en est réduit à ce stade aux hypothèses, concède Cyril Trépier, géographe et chercheur à l'Institut français de géopolitique à Paris VIII, car le gouvernement catalan a maintenu que le référendum aurait bien lieu. De nombreuses mesures sont prises depuis plusieurs jours pour empêcher [sa] tenue puisque les opposants à l’indépendance n’appellent pas à participer en votant non, mais à boycotter ce référendum illégitime et inconstitutionnel à leurs yeux. »

De plus, les forces de l'ordre, qui ont saisi depuis la mi-septembre des millions de bulletins de vote, recherchent toujours les milliers d'urnes que les indépendantistes veulent utiliser pour ce référendum interdit par la Cour constitutionnelle.

«Il n'y aura pas de référendum », a martelé le porte-parole du gouvernement conservateur espagnol Inigo Mendez de Vigo. « Les responsables [de ces agissements] se rendent coupables d'un acte de déloyauté très grave. » De fait, Madrid menace les édiles récalcitrant de poursuite devant les tribunaux.

 

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Les autorités, qu’elles soient madrilènes ou catalanes, redoutent aussi des troubles. Le gouvernement espangol a décidé l’envoi de 10 000 agents de la police nationale et de la Garde civile qui pourraient être mobilisés. De son côté, la police régionale catalane a annoncé ce vendredi soir qu'en cas d'occupation de bureaux de vote, elle ferait savoir aux organisateurs qu'ils ont l'obligation de quitter les lieux avant « dimanche à 6h du matin », préférant donc ne pas appliquer la manière forte d'office.

 

L'indépendantisme en progression

L'indépendantisme a fortement progressé depuis la crise économique de 2008 et surtout après la décision de la Cour constitutionnelle en 2010 de retoquer le statut d'autonomie de la Catalogne à la suite d'un recours du Parti populaire (conservateur, au pouvoir) de Mariano Rajoy. En septembre 2015, les indépendantistes ont obtenu la majorité des sièges au parlement régional, avec 47,6 % des voix. Mais le dernier sondage commandé par le gouvernement indépendantiste, publié en juillet, montre que les adversaires de l'indépendance sont plus nombreux que ses partisans (49,4 % contre 41,1 %).

Néanmoins, les partisans du « non » ne devraient pas se déplacer, car il n'y a pas eu d'appel massif à aller voter non, mais à s'abstenir. Quel pourrait être alors le scénario en cas de victoire du oui ?

«Si [le référendum] a lieu et que "oui" l’emporte, le gouvernement catalan a assez clairement dit qu’une déclaration unilatérale d’indépendance pourrait avoir lieu quelques jours après. Mais vraiment quelques jours plus tard, poursuit Cyril Trépier. Et il pourrait éventuellement organiser des élections anticipées, des élections catalanes anticipées. Cela il en a le droit. »

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