Loi sur la protection des dénonciateurs de corruption.. Mise en œuvre lente à la détente - Le Temps Tunisie
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Chronique juridique

Loi sur la protection des dénonciateurs de corruption.. Mise en œuvre lente à la détente

Vendredi 29 Septembre 2017
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On ne fera jamais  assez pour lutter contre la corruption,  ce  phénomène vieux comme le monde  et dont l’existence a commencé  depuis  Abel et Caën dont la haine  de l’un envers  l’autre a été  nourrie par l’égoïsme et l’instinct de domination.
C’est  une tentation  poussée par  l’amour  du profit et auquel on veut  accèder en  détournant    la loi et en agissant contrairement  aux valeurs morales, bases de l’équilibre de toute société civilisée.
L’homme est un loup pour l’Homme, a déclaré  Hobbes,   philosophe et homme politique anglais, qui propose l’Etat  Léviathan, qui met les choses dans l’ordre et impose des règles de conduite que tout le monde doit respecter sous peine de sévères sanctions.
Au fil du temps la corruption a pris des aspects différents selon la conjoncture du moment, mais dont le but est resté le même à savoir le profit au détriment des autres.
La corruption est donc l’ennemie de la justice, et donc de la paix publique.
Dans notre pays, elle constituait une arme à double tranchant car elle servait parfois un prétexte pour  s’en prendre à ceux qui  n’hésitaient pas à critiquer l’attitude des gouvernants et les abus qu’ils commettaient au détriment des droits et des libertés publiques.
Depuis la révolution, la lutte contre la corruption s’est  imposée comme une urgence afin de mettre fin à ce fléau qui a nui durant des décades à l’intérêt national et constitué un handicap à la croissance économique.
Outre la création d’une instance pour la lutte contre la corruption une loi a été promulguée   pour protéger les dénonciateurs de la corruption.
Le texte de cette loi constitue un premier pas dans la lutte contre la corruption et met en place les mécanismes, les conditions et les procédures de dénonciation de la corruption.
L’article 17, prévoit la protection des dénonciateurs et protège les lanceurs d’alerte. Tout acte de représailles contre eux est dorénavant considéré comme un crime, et son auteur sera puni.
Pour la fonction publique, la nouvelle loi garantit aussi aux lanceurs d’alerte une protection contre de possibles mesures disciplinaires de la part de leurs supérieurs. Ce qui est tout à fait légitime, car celui qui ose dénoncer son supérieur hiérarchique, a besoin de protection afin que cela ne se retourne pas contre lui comme ce fut plusieurs fois  le cas durant  l’ancien régime.
Le président de l’Instance  nationale d e lutte contre la corruption (INLUCC), Chawki Tebib a déploré le retard de la mise en œuvre de cette loi.
D’abord, ce retard serait évidemment dû à ceux qui ne veulent pas protéger les dénonciateurs pour plusieurs raisons,  dont leur implication dans ce fléau qui a atteint comme l’a affirmé Chawki Tebib, un « stade épidémique ».
Ensuite et concernant la mise en œuvre de ladite loi, nécessite une volonté commune d’encouragement à la dénonciation de la corruption.
Mais  cette épidémie s’est déclarée depuis bien longtemps, dans tous les secteurs, et c’est ce qui a conduit à la création de l’INLUCC. C’est la raison pour laquelle, certains observateurs attribuent le retard de la mise œuvre v  de la loi à, ladite instance.
Il est nécessaire que la machine de lutte contre la corruption se mette en marche, afin de tout mettre en œuvre, et ce par  le traitement   des dossiers qui se trouvent à l’Instance  à la Justice.
Il est nécessaire également de déployer tous les moyens tendant à protéger les dénonciateurs de la corruption afin de les inciter de ne pas hésiter à dénoncer tout acte de corruption nuisible à l’intérêt national.

 

Ahmed NEMLAGHI