Situation économique - Le Temps Tunisie
Tunis Jeudi 14 Décembre 2017

Suivez-nous

Dec.
15
2017

Focus

Situation économique

Mardi 12 Septembre 2017
نسخة للطباعة

La politique du FMI en Tunisie est au cœur du débat. Fortement contestée par certains appréciée par d’autres, elle ne cesse  d’occuper les unes  des journaux et de déclencher une grande polémique entre les pourfendeurs et les partisans de cette institution monétaire. A cet effet, et  après avoir constaté que notre situation économique  est  dégradée, que les indicateurs sont en train de virer au rouge et que les changements  pour y remédier se font toujours attendre, devons-nous revoir la relation qui nous lie avec cet organisme  et évaluer ses impacts ?

De ce fait, plusieurs questions  méritent à présent d'être posées.

Etre bon élève du FMI suffira- t-il de sortir  de la crise économique dont les effets menacent notre souveraineté ?  La réponse ne pourrait certes être affirmative tellement les défis auxquels notre pays  est continuellement confronté sont si profonds qu’ils ne pourraient pas être résolus par de  simples  recommandations d’un bailleur de fonds.
 Lesquelles recommandations  jugées sans le moindre doute  nécessaires pour rétablir les équilibres macro-économiques  mais  guère insuffisantes  pour redresser notre économie et garantir la reprise et nous faire sortir de crise
Ainsi  n’aurait- il pas fallu nous interroger d'abord si nous sommes sur le  bon chemin ? et si nos choix économiques sont  en mesure de s'adapter à  ces  réformes souvent  douloureuses exigées par le FMI  Autrement dit, sommes nous bon élève du FMI?

La question est certes pertinente, néanmoins, la réponse soit elle  affirmative ou négative ?   est  sans grand intérêt si  elle n'est  pas précédée par deux autres interrogations jugées, à notre avis,   non moins importantes : Qui est le FMI  et que veut-il au juste ?
Le FMI est une institution  Internationale qui regroupe 189 pays dont le but  est de  "promouvoir la coopération monétaire, garantir la stabilité financière faciliter les échanges internationaux contribuer à niveau élevé  d'emplois et  la stabilité  économique et faire reculer la pauvreté".
Toutefois,  faut il signaler que plusieurs experts , économistes et experts  ne partagent  pas cette tendance et considèrent que  la politique de cet organisme ne  fait que creuser  les écarts entre les pays riches et les pays pauvres , matérialiser la suprématie  des pays développés . La politique du FMI est le symbole de l’impérialisme économique rétorquent-ils ?

Serait-il  donc adéquat  de se demander que veut le FMI ?

Le FMI est un créancier qui prête  de l'argent aux pays en difficulté à des taux d'intérêt relativement faibles  pour les faire sortir de la crise  tout en veillant à  ce qu’il se fasse rembourser. Il  veut donc  accroître leur  capacité de remboursement car il ne prête pas gratuitement. Il exige en contre partie  des réformes.
Quant à  la Tunisie, pays  en besoin de financement  qui fait souvent  appel à l'aide du FMI  notamment après la révolution. Cette institution monétaire   nous astreint donc à des mesures et des  réformes qui visent essentiellement à réduire notre déficit budgétaire, devenu un grand fardeau, pour notre économie. Un facteur  qui est à l'origine de tous les maux dont souffre notre économie.
De ce fait les exigences du FMI se  traduisent  essentiellement par une panoplie de mesures  en vue d' améliorer  notre situation économique :
- Comprimer la masse salariale après avoir  tiré la sonnette d' alarme et constaté que la moitié des dépenses de l 'Etat qui avoisine 14 milliards de dinars  est consacrée aux salaires, d'où la proposition d' un redéploiement du personnel et  d’'un plan de  départ prématuré à la retraite.
Pourrions-nous enfin dire que bien que plusieurs réformes fussent entamées notamment  la réforme bancaire cependant nul ne peut nier la lenteur et  le retard  observés dans l'exécution de ces réformes. Les longues heures de négociations avec les responsables de l’institution de Bretoon Woods en témoignent. On est encore à l'attente du déblocage de la troisième tranche.

Paradoxe !

Faudrait-il  également signaler l’approche un peu paradoxale entre la dernière  déclaration du secrétaire général de l'UGTT Noureddine Tabboubi relative à l'entame des augmentations salariales et le dernier rapport du FMI  qui recommande un gel des salaires jusqu'à 2020.
En conclusion nous pourrions dire  qu'indépendamment de nos relations avec le FMI et en dépit de leur importance pour nos équilibres, notre modèle  socio économique est obsolète il a montré ses limites. Une importance  bien particulière devrait être accordée  à un nouveau modèle qui crée de la richesse   à travers le développement des petites et moyennes entreprises, secteurs créateurs d’emplois  et  à  travers l' encouragement  de  l'innovation et de la mixité des projets publics privés pour alléger la pression des dépenses budgétaires , en plus de la revalorisation de la notion de travail , la moralisation de nos relations économiques et par la réinstauration  d'un climat de confiance.
Verra-t-on le jour où nous n’aurions plus à quémander  l'aide  du FMI?

Mondher MAAMER