Arts plastiques: Avec la bénédiction complice de Jughurta - Le Temps Tunisie
Tunis Mardi 26 Septembre 2017

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2017

Arts plastiques

Arts plastiques: Avec la bénédiction complice de Jughurta

Dimanche 10 Septembre 2017
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Une vingtaine d'artistes d'une dizaine de pays européens et asiatiques viennent de se retrouver à Gafsa pour une rencontre plastique et intellectuelle. Les oeuvres nées de cet événement sont actuellement exposées dans la capitale du bassin minier et seront montrées lors d'une exposition itinérante à travers la Tunisie. Coup de chapeau à Olga Malakhova et Ridha Zidi, architectes de ce projet, pour le compte de l'Association Capsa Art et Culture...

L'Association Capsa Art et Culture vient d'organiser la troisième édition de la rencontre internationale des plasticiens à Gafsa. Ce festival des arts a réuni une vingtaine d'artistes venus de plusieurs pays avec les artistes de la région. Animée et conçue par l'artiste tuniso-russe Olga Malakhova, également présidente de l'association Capsa, cette rencontre s'est déroulée à la fin du mois d'août et était dédiée à Jughurta, un personnage de l'histoire antique dont une partie du destin s'est jouée à Gafsa et dans sa région.

 

Inspirations oasiennes et ancrages historiques

Organisée avec le soutien du ministère des Affaires culturelles, celui du Tourisme et aussi du gouvernorat de Gafsa, cette manifestation a tenu toutes ses promesses et permis aux jeunes étudiants en Beaux-Arts de la région de se frotter à d'autres expériences et d'autres horizons. Les artistes invités ont par ailleurs créé plusieurs oeuvres qui sont actuellement exposées à Gafsa au centre culturel Ali Jida puis seront montrées dans de nombreuses villes tunisiennes. Venant de plusieurs régions du monde, les invités du festival ont pu s'inspirer des oasis tunisiennes et de l'histoire immémoriale de la région. Pour la première fois, des artistes de Russie, d'Arménie, de Georgie, d'Azerbaidjan, de Biélorussie ou d'Ukraine ont pu travailler dans des conditions particulières, au coeur des oasis, des canyons ou des vestiges historiques. Il y avait aussi parmi les présents des artistes danois, italiens et iraniens qui découvraient pour la première fois la Tunisie et en particulier le sud-ouest du pays.

Tous ces artistes ont laissé des oeuvres qui désormais font partie du fonds culturel de toute la région et sont les reflets de sensibilités internationales. Ainsi, cette rencontre artistique s'est avérée féconde et constituera une nouvelle expérience d'échanges interculturels. Cette troisième session du festival des arts de Gafsa a eu des contenus multiples et s'est aussi déclinée à travers un colloque et des ateliers. Le colloque a eu pour thème la naissance de l'art contemporain à Gafsa. Quant aux ateliers, ils ont été variés et ont permis des échanges entre les artistes présents. Le plus important réside toutefois dans la manière dont les artistes internationaux ont interagi avec le patrimoine local et la beauté plastique des oasis. Dans leurs oeuvres, cette dimension est perceptible et offre un regard rénové et pluriel sur un pan de notre patrimoine.

 

Une exposition itinérante des oeuvres de vingt artistes internationaux

La démarche préconisée était des plus claires. Les artistes sont allés découvrir la région. Accompagnés de Ridha Zidi, secrétaire général de Capsa Art et Culture, les invités ont pu s'inspirer de la médina de Gafsa et ses lieux les plus représentatifs. Ils ont pu aussi s'initier à l'histoire des escargotières, ces sépultures préhistoriques de la région. Des visites à Tozeur, Sned et Mides leur ont enfin permis d'enrichir leur regard et initier leurs propres oeuvres après s'être imprégnés de leur environnement. Cette méthode de travail est raisonnée et avait pour but de rechercher une implication maximale des artistes présents. Ainsi, des artistes comme la Danoise Maria Dubin ont pour la première fois travaillé dans une oasis alors que beaucoup d'autres artistes étaient en phase avec la luminosité exceptionnelle de la région. Au coeur du mois d'août sont alors nées des oeuvres singulières qui feront date car c'est la première fois que des artistes iraniens ou azeris se retrouvaient dans le sud-ouest de la Tunisie.

Maintenant que le rideau est retombé sur ce festival en sa troisième session, c'est l'heure du bilan pour les organisateurs qui, d'ores et déjà, préparent la quatrième édition ainsi que la tournée en Tunisie des oeuvres nées à Gafsa cet été. Une attachante perspective qui nous permettra bientôt de renouer avec l'univers des oasis à travers les regards d'artistes d'une dizaine de nationalités différentes.

Hatem BOURIAL

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