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Nov.
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2017

La Tunisie au sommet africain de l’hôtellerie

Un potentiel économique encore  inexploité !

Mercredi 6 Septembre 2017
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Le tourisme en Afrique a un avenir très prometteur. Mais son expansion et son développement  nécessitent de meilleures infrastructures de transport – notamment au niveau des liaisons aériennes  et l’amélioration du marketing.

Le potentiel du tourisme en Afrique est inexploité.  Bien que l’Afrique représente 15 % de la population mondiale, elle  n’en profite que d’un taux de 3 % du tourisme mondial. Selon l'Organisation mondiale de tourisme (OMT), l'Afrique pourrait plus que doubler le nombre d'arrivées de touristes, de 50 millions en 2010 à 134 millions en 2030.57,8 millions de touristes ont foulé le sol africain en 2016, soit 4,4 millions de plus qu’en 2015. 

Le nombre de touristes représente 34,8 milliards de dollars de recettes touristiques. Il s’agit d’un fort rebond, après des performances plus faibles en 2014 et 2015, à la suite de problèmes sanitaires, géopolitiques et économiques, résume l’OMT dans son rapport annuel publié le 15 août dernier. Pour booster ce créneau en Afrique,  500 professionnels du continent et de pays du Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) se retrouveront  du 4 au 6 octobre à Mazagan, près d’El Jadida, au Maroc pour le sommet africain de l’hôtellerie organisé sous l’égide du ministère du tourisme marocain.  Echange d’expériences et de bonnes pratiques, réflexion collective sur le développement du secteur, le sommet verra la participation de représentants de plusieurs groupes et opérateurs mondialement connus et d’experts qui, au long des trois jours de la rencontre, livreront leurs témoignages et analyses au sujet, entre autres, des opportunités d’investissements mais aussi des challenges et défis auxquels est confrontée aujourd’hui l’industrie hôtelière à travers le monde et dans la région en particulier.   

Le potentiel économique du tourisme, qui a un impact direct et indirect sur l’emploi, est important. Rien qu’en Afrique, les voyages et le tourisme  génèrent 8,2 millions d’emplois directs. Il faut, cependant, constater que très peu de ces touristes sont originaires de la région. 

En Afrique, 4 touristes internationaux sur 10 sont africains, selon le nouveau rapport 2017 de la CNUCED sur le développement économique en Afrique, intitulé « Le tourisme au service d'une croissance transformatrice et inclusive. » En Afrique du nord, seuls 2 touristes sur 10 sont africains, alors qu'ils sont 2 sur 3 en Afrique subsaharienne. Les données sur lesquelles s'appuie cette importante conclusion montrent que contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce sont les Africains qui tirent de plus en plus la demande touristique en Afrique. L’OMT estime que l’Afrique pourrait plus que doubler le nombre d’arrivées de touristes, de 50 millions en 2010 à 134 millions en 2030Un rapport conjointement publié par l’Université de New York, la Banque mondiale et l’ATA invite les opérateurs de l’industrie à adopter des approches novatrices pour gérer les différents types de tourisme en Afrique. Il regroupe ces derniers en tourisme de type « safari, » « nature » et « culture. » 

Le rapport recommande d’aller au-delà du safari traditionnel et  de concevoir  de nouvelles aventures attrayantes en misant sur la créativité des organisateurs de voyages. Pour mettre le potentiel du tourisme intra-régional au service de la croissance économique du continent, les gouvernements africains devraient prendre des mesures pour libéraliser les transports aériens, promouvoir la libre circulation des personnes, garantir la convertibilité des monnaies et, surtout, estimer à sa juste valeur  la place qui sied  au tourisme  africain et l'intégrer dans leurs plans. 

Ces mesures stratégiques peuvent produire des effets assez rapides et concrets. Au Rwanda, la suppression, en 2011, des formalités de visa pour les membres de la Communauté d'Afrique de l'Est a contribué à la hausse du nombre de touristes intra-régionaux, qui est passé de 283 000 en 2010 à 478 000 en 2013.

Kamel BOUAOUINA