Les pointures qu’il faut à la place qu’il faut - Le Temps Tunisie
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Mémoire du temps présent.. Gouvernement d’exigences prioritaires

Les pointures qu’il faut à la place qu’il faut

Mercredi 6 Septembre 2017
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Par Khaled Guezmir

 

Les tractations et autres ballons d’essai pour le remaniement ministériel touchent à leur fin et Youssef Chahed doit tirer le rideau pour renvoyer tout ce beau monde au travail car la récréation n’a que trop duré !

Pourtant, les exigences sont claires ainsi que les insuffisances à combler, le tout dépendra du « Right man in the right place » et ce, malgré la pression des uns et des autres, et surtout les partis qui ont besoin eux aussi de lubrifiant pour faire tourner leurs appareils et donner à leurs élites quelques postes de commandement ou à défaut au moins « l’illusion du pouvoir » chère à Françoise Giroud, écrivaine et ancien ministre française, publiée en 1977 (aux éditions Fayard) dans un ouvrage qui porte bien son nom : « La comédie du pouvoir »… !

Les gens oublient souvent que la politique est aussi un métier et qu’on y investit beaucoup de santé, de travail et de rêves, pour répondre à cet appel intimement profond, qu’est l’ambition d’être « leader » et de fructifier un jour, si la chance suit, tant d’efforts, dans ce « jeu » qui paraît malsain et égocentrique pour beaucoup à première vue. Alors, à quoi sert d’adhérer à un parti et consacrer des jours et des nuits, mobiliser, encadrer et « militer » pour utiliser le mot usuel en la matière si à l’arrivée, ce sont les « technocrates », peinards, qui n’ont couru aucun risque qui raflent la mise et les postes ministériels et autres si convoités par la classe politique ?

Finalement, l’art politique a aussi ses règles et ses risques, qu’il faut aussi assimiler à toutes les activités humaines et auquel, on attend une légitime « récompense » pour toute œuvre méritante. Mais, là où le bât blesse, c’est que contrairement à l’activité commerciale ou d’investissements privés, la politique c’est la prise en charge des exigences populaires par ceux qui s’estiment outillés pour résoudre leurs problèmes. Et c’est là où la pression commence pour ne jamais finir.

La révolution a aiguisé davantage le sentiment d’appropriation des citoyens de l’Etat et de la chose « publique » et on a tendance à demander presque l’impossible du gouvernement dans l’immédiat pour satisfaire des besoins dont le volume augmente du fait même de l’évolution des mœurs, de la culture et du mode de consommation des masses.

Mais le bon « politique » c’est celui qui sait finalement tracer et définir les priorités.

Aujourd’hui, le gouvernement est confronté à des priorités certaines, au milieu d’un embouteillage d’exigences.

Par conséquent, il faut traiter dans l’urgence et désigner les ministres en fonction des priorités qui n’attendent pas.

En premier lieu, rétablir les équilibres financiers, car le pays ne peut plus continuer à vivre cette descente en enfer du « Dinar » et ce, gonflement insensé de la masse salariale du public.

Pour cela, il faut prendre le taureau par les cornes et combler le déficit en devises fortes par une politique, claire et franche, qui permet aux investisseurs, aux Tunisiens résidents à l’étranger et aux possesseurs de capitaux, de rapatrier leurs devises sans aucune menace inquisitoire.

L’Egypte l’a fait et avant elle, le Brésil, l’Inde, la Russie et surtout la Chine. Résultat… tous ces pays n’ont plus de problèmes de devises. Bien au contraire, elles sont excédentaires et exportatrices de capitaux et d’investissements.

En deuxième lieu, le développement régional, car la Tunisie profonde du côté de la dorsale Ouest, suffoque et sa patience est à bout.

Là encore, il faut donner plein pouvoir aux gouverneurs, pour « autoriser » et faire démarrer ces milliers de projets en instance, qui dorment dans les tiroirs et que l’absence de coordination entre les ministères bloquent.

Pour cela et nous l’avons écrit ici même ( bientôt je n’aurai plus d’encre pour le faire), il faut traiter au cas par cas et créer une structure exécutive appropriée à la Kasbah même, et mandatée pour ordonner aux ministres concernés et leurs staffs de résoudre dans le mois toutes ces affaires bloquées depuis des années. 

Faisons au moins cela et ce pays redémarrera avec un « plus » d’optimisme que les sondages ne captent plus chez les Tunisiens, ça fait des années.

Tout le reste doit suivre, en fonction d’autres priorités que le Premier ministre connait bien… mais, tout est question de terrain et de planification qui vont de pair et là il faut des pointures que la politique au sommet, doit trouver… Oui, des commis de l’Etat déterminés à mouiller le « maillot » et de s’assumer en tant que… «ministres» de la République !

K.G