Perpétuer le travail des aïeux - Le Temps Tunisie
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2018

Cinéma.. «Les tisseuses du Châambi» de Nawfel Saheb Ettaba

Perpétuer le travail des aïeux

Jeudi 22 Juin 2017
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Perpétuer le travail des aïeux

 

Le documentaire tunisien « Les tisseuses du Châambi », réalisé en 2016 par Nawfel Saheb Ettaba a été projeté récemment dans le cadre de la manifestation « Tunis Tout Court » organisée par l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC) le 9 et le 10 juin à la maison de la culture Ibn Rachik. Ce documentaire de 30 minutes focalise  sur la vie quotidienne de jeunes filles et de femmes contraintes de travailler le tissage de la plante d’alfa dans la bourgade de Garat Agueb, au pied du mont Châambi, dans le gouvernorat de Kasserine, pour subvenir aux besoins de leur famille.

 

Avec ce film, le réalisateur Nawfel Saheb Ettaba nous surprend quelque peu par le thème qu’il aborde et qui se situe dans la réalité des choses. Il a axé auparavant dans plus d’un film, comme dans le documentaire « Stambali », en 1999 et le long-métrage de fiction : « El Ziara », en 2014 sur le côté spirituel, métaphysique et de superstition chez des franges de la société tunisienne. Mais dans « Les tisseuses du Châambi », il a tout d’abord retrouvé le documentaire en allant filmer dans un lieu menacé et frappé par des actes terroristes depuis quelques années déjà. L’originalité de son sujet réside dans le fait qu’il filme   loin du décor galvaudé, là où la vie est un long fleuve tranquille. Des femmes ont préféré le travail sur place, au lieu d’aller travailler dans les usines. Un artisanat à 100%  local qui tient sa source de la terre et qui leur a été légué par leurs ancêtres. Elles perpétuent ainsi le labeur des aïeux. D’un autre côté, le  caractère du reportage télévisé y règne par images interposées. Le style est revisité, mais le mérite est d’avoir fait parler ces jeunes filles et ces femmes qui s’activent dans un univers aride où seul le travail de l’alfa et de sa vente font vivre des familles entières. Ce documentaire est marqué par des plans fixes sur une nature envoûtante et d’une rare beauté. Les chants locaux n’y sont pas en reste. Ils évoquent le milieu et les circonstances du travail et épousent, en plus,  la réalité. Ils axent également sur la menace terroriste qui pèse sur la région.

 Lotfi BEN KHELIFA   

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