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2018

Escalade dangereuse à Tataouine

A qui profite le chaos ?

Mardi 23 Mai 2017
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A qui profite le chaos ?

La situation dans le gouvernorat de Tataouine est trop confuse et semble avoir atteint un point de gravité extrême suite à la mort, hier, d’un des manifestants et la blessure de plusieurs autres parmi les protestataires et les agents de l’ordre.

Selon les premières données, les sit-inneurs se sont dirigés vers la « vanne », mais l’intervention de l’armée a été déterminante pour remettre les pendules à l’heure et les empêcher d’atteindre les sites pétroliers. Qu’à cela ne tienne…

Les manifestants ont alors attaqué et incendié les locaux du District de la sûreté et de la Garde nationales  dont les éléments ont préféré quitter les lieux afin d’éviter l’escalade et l’affrontement qui aurait pu coûter la vie à un plus grand nombre de civils ou à des agents de sécurité.

Hammami accuse

En effet, des parties bien déterminées semblent avoir opté pour la confrontation avec des agendas douteux. Et c’est le ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, en personne, qui a révélé, en partie, les dessous de ces mouvements et de ceux qui se trouvent derrière et ceux qui les financent.

Sortant, enfin, du silence, le ministre, qui est chargé du dossier du gouvernorat de Tataouine et des négociations avec les contestataires, a indiqué qu’une personne ayant un contrat, venant à expiration, d’exploitation d’une société pétrolière est parmi ceux qui font de l’incitation.

«Cette personne a offert 12 mille dinars aux protestataires et une voiture 4X4. Nous le connaissons et lui faisons savoir qu’il n’aura pas de renouvellement de son contrat et sera poursuivi en justice en temps opportun », a indiqué en substance M. Hammami.

Et d’ajouter que les contestataires ayant fait irruption au point de la Vanne ont scandé des slogans réclamant la nationalisation, la scission et la part de 20% des revenus pétroliers. Certains sont allés jusqu’à hisser le drapeau national au-dessus de la Vanne afin de faire croire que le site pétrolier n’était pas sous autorité tunisienne.

Imed Hammami a fustigé toutes ces pratiques avant d’affirmer que des parties servant des agendas douteux sont derrière ce mouvement.

Et de conclure que le gouvernement est au courant des dessous de tout ce qui se passe à Tataouine et qu’il connaît les protestataires avec leurs noms dont notamment celui qui roule en 4X4 et prétend être le porte-parole du mouvement, alors qu’il a des antécédents judiciaires et avait été renvoyé du mouvement, sachant que c’est lui-même qui a hissé ledit drapeau national.

D’ailleurs, il va de soi, que le mouvement a perdu son caractère pacifique depuis plus d’un mois. Plus précisément après l’accord conclu avec le gouvernement et qui avait été voté par 1200 personnes parmi les sit-inneurs, alors que 150 autres seulement se sont prononcées contre. Autrement dit, et comme cela se passe depuis quelque temps, c’est la minorité qui impose « sa » loi aux dépens de la majorité. Et c’est très grave

Assurer la sécurité

Il faut dire qu’il est plus que temps pour que le gouvernement prenne le taureau par les cornes et assume ses prérogatives en vue d’instaurer la sécurité conformément à la loi en vigueur. En effet, il est venu le temps où l’on doit dire toute la vérité à l’opinion publique sur la réalité de ce qui se passe et tout contrevenant ou auteur de délit doit assumer ses responsabilités et répondre de ses actes devant la justice.

On rappellera que ce qui s’est passé à Kerkennah lors de la crise de Petrofac a encouragé les «  hors-la-loi »  à tenir tête au gouvernement. Comment expliquer que près de 4 ou 5 ministres se déplacent jusqu’aux Îles de Kerkennah et se fassent rabrouer par une dizaine de sit-inneurs.

Et on rappelle que le gouvernement avait fini par céder à toutes les exigences des protestataires et d’intervenir-chose gravissime- auprès de la justice pour annuler les poursuites judiciaires à l’égard de ceux qui avaient incendié les postes de police et jeté un véhicule des forces de sécurité à la mer !

On n’oubliera pas le témoignage de notre consœur, Salma Bouraoui, reportage à El Kamour à l’appui, révélant que le chef incontesté du mouvement n’était autre que Saïd Chelbi, chef régional du parti Ennahdha et accusé dans le meurtre de Lotfi Nagdh sachant que l’affaire doit passer prochainement en appel.

On n’oubliera pas que les partis de Harak al-Irada et du Tayyar démocratique, ainsi qu’une frange du mouvement Ennahdha, n’ont jamais caché leur soutien aux contestataires, surtout lors de leurs passages sur les plateaux radiotélévisés qu’ils exploitent, au nom de la liberté d’expression, pour faire de l’incitation.

Or, en ce moment où le pays se trouve confronté au risque du chaos, l’Instance Vérité et Dignité (IVD) trouve le moyen de nous diffuser un témoignage enregistré d’un des barons et symboles de la corruption. Un témoignage concocté sur mesure avec des coupures, des montages et des censures afin de donner un visage « humain » à Imed Trabelsi.

L’IVD de Ben Sedrine semble dire qu’il suffit pour une personne de reconnaître certains faits, de présenter des excuses publiques et de dire qu’elle est disposée à rendre de l’argent à ceux qui se sentent spoliés, pour que ladite personne soit blanchie et retrouve sa place dans la société. Plus encore, l’IVD permet à Imed Trabelsi de désigner qui est corrompu et qui ne l’est pas avec une accusation directe à un haut officier de l’armée nationale de tentative de corruption le jour même du 14 janvier 2011 ! Des allégations par ailleurs  démenties car n’ayant aucun fondement.

Ainsi, Sihem Ben Sedrine tente de souiller la réputation l’armée nationale et d’y semer la zizanie après avoir fait des siennes avec l’institution sécuritaire du temps du tristement célèbre Farhat Rajhi. On rappellera ici que Béji Caïd Essebsi, lors d’un enregistrement fuité au moment de la passation avec Hamadi Jebali, avait accusé Mme Ben Sedrine de chantage dans le sens où elle lui avait proposé, alors qu’il était chef du gouvernement en 2011, de lui assurer le calme dans la rue en contrepartie d’une réhabilitation et d’un retour de Farhat Rajhi sur la scène. Une accusation qu’elle n’a jamais osé démentir.

On rappellera qu’à la fin de 2014, voulant profiter du pédalage existant entre le départ de Moncef Marzouki et l’arrivée de BCE au palais de Carthage, la même Ben Sedrine a tenté de s’approprier, frauduleusement, les archives de la présidence de la République en louant huit camions privés pour transporter les précieux documents.

En tout état de cause, et en attendant que des détails sur tout ce qui se passe soient révélés par les ministres de l’Intérieur et de la Défense, il est presque certain que des forces occultes sont en train de tirer les ficelles et qu’il faut dénoncer afin de leur couper l’herbe sous les pieds !...

 Noureddine HLAOUI