Au pays des contrastes et de la non-violence - Le Temps Tunisie
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2017

Reportage à New Delhi, Agra et Jaipur

Au pays des contrastes et de la non-violence

Vendredi 17 Février 2017
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Au pays des contrastes et de la non-violence

De notre envoyée spéciale en Inde : Sayda BEN ZINEB

ITEC Capacity Building Programme on Science Diplomacy, est le thème des cours assurés   du 9 au 20 janvier 2017 à New Delhi, par RIS, (Research and Information System for Developing Countries), sous la direction du Professeur Sachin Chaturvedi,  et avec la participation de chercheurs, universitaires, journalistes et diplomates des quatre coins de la planète : Tunisie, Algérie, Egypte,  Palestine, Comores, Cambodge, Indonésie, Croatie, Russie, Ouzbékistan, Kirghizstan, Biélorussie, Uruguay, Pérou, Mexique, Nigéria, Afrique du sud, Haïti, Ethiopie et Inde…

 

Louable Institution qu’est  le RIS ;  Système d’Information et de Recherche pour les pays en voie de développement et qui relève du ministère des Affaires Etrangères du Gouvernement indien.   Basé à New Delhi  mais connu à travers le monde pour la  mission qui lui est assignée,  le RIS œuvre à  former à travers son programme ITEC,  des participants originaires de pays en voie de développement,  avec l’intention de promouvoir une meilleure compréhension des défis et des opportunités autour de problématiques d’ordre  socio-économique, technologique et culturel. 

Le programme se concentre par ailleurs,  sur la promotion de la coopération Sud-Sud. Etant donné l’importance croissante de la technologie et de l’innovation, la diplomatie scientifique, l’axe central des cours,  est en train de s’imposer comme un facteur important pour les relations extérieures et la coopération au développement. Les chargés des cours, sont d’éminents professeurs, docteurs et spécialistes  en la matière dont  particulièrement, Dr Sadhana Relia,  chef de la Coopération internationale au  Département Sciences et Technologie du Gouvernement indien. 

Rappelons que l’Inde se présente comme étant la 7ème puissance économique mondiale avec un taux de croissance de près de 8%, qui est à la recherche d’opportunités d’affaires et d’investissements  dans tous les domaines, non seulement en Tunisie,  mais aussi dans les autres pays en voie de développement.  

2018 : 50ème anniversaire des relations diplomatiques

Une formation mais aussi, des opportunités  d’échanges et de débats autour de nombreuses questions qui intéressent notamment le cinquantième anniversaire des relations diplomatiques avec l’Inde- premier producteur et exportateur de viande et de textile  dans le monde- qui sera célébré l’an prochain (2018).  Cette information nous a été relayée lors d’une rencontre conviviale avec MM. Nejmeddine Lakhal  et Jamel Boujdaria, respectivement,   ambassadeur et Premier Consul de Tunisie à New Delhi, en évoquant   la coopération entre les deux pays  couvrant plusieurs secteurs : médical, enseignement supérieur, phosphate, technologie et assemblage des voitures indiennes,  Mahindra et Tata. 

De même, dans le cadre du renforcement des capacités et de la coopération technique existant entre la Tunisie et l’Inde, une cinquantaine de pilotes de l’aviation civile indienne se rendent annuellement en Tunisie pour un stage au centre de formation aéronautique,  (ATCT).  Selon Jamel Boujdaria, cette coopération est amenée à se renforcer davantage dans les prochaines années entre les deux parties, sans parler du secteur touristique qui lui aussi a besoin de l’appui du ministère  de tutelle afin de rendre plus pratiques, les modalités de séjour des touristes des deux pays. 

Prochainement,  un centre culturel  indien à Tunis

Nul n’ignore que seuls l’art et la culture sont à même de  tisser les liens d’amitié entre les différentes nations. Le cinéma tunisien est invité tout au long de cette année en Inde, d’où sa  participation  au festival du film de Jaipur. De même, l’UTICA de Bizerte prend part en ce mois de février,  à une exposition de produits d’artisanat « Suraj kun  2017» qui se déroule dans l’Etat de Hariana et à laquelle prennent part huit artisans tunisiens.  L’événement sera ponctué de danse folklorique et de saveurs culinaires, à travers  l’organisation de la journée gastronomique tunisienne…

Et contrairement à d’autres pays arabes, comme l’Irak, la Syrie et la Libye qui ont fermé leurs centres culturels, suite aux guerres, l’Inde va ouvrir prochainement dans nos murs,  son espace d’art et de culture, encore un pas vers l’avenir, pour raffermir davantage   les   liens de coopération et d’amitié entre la Tunisie et l’Inde où l’industrie cinématographique, pour ne citer que cet exemple,  est la plus prolifique au monde.  

New Delhi : ville trépidante de l’ancien et du moderne

L’Inde est le foyer d’une des grandes civilisations et une mosaïque de religions, (l’hindouisme, le bouddhisme, l’islam, le christianisme, le jainisme, le sikhisme, le zoroastrisme, le judaïsme…). Vieille de 5000 ans, la culture indienne est aussi   ancienne que variée. On peut voir l'unité dans la diversité, en observant simplement les diverses formes d'art, d’architecture et  de traditions, d’origine perse, arabe ou turque qui l’ont fortement influencée. Beaucoup de coutumes indiennes, pratiques culturelles et langues sont des exemples de ce mélange à travers les siècles.

Notre  première halte a été Delhi, cette mégapole de plus de quinze millions d’habitants qui s’enorgueillit d’avoir toujours été, à l’exception de quelques brèves périodes,  le principal centre du pouvoir en Inde du Nord ;  Cité des rois et des monarques, mais aussi, des poètes et des conteurs. Les nombreux forts, tombes, mausolées et autres monuments,   témoignent  de nos jours, ce qu’était l’ancienne Delhi ;   son patrimoine  architectural   est intimement lié à son histoire unique. Plus de 1000 monuments répertoriés des villes modernes et anciennes reflètent toutes les étapes de l’architecture indo-islamique.

Ville trépidante de l’ ancien et du moderne où les grands bâtiments grignotent du terrain sur les ruines antiques, Delhi, la capitale de la plus grande démocratie du monde, comprend en fait, deux parties, l’ancienne et la nouvelle; là où l’on rencontre les uns à côté des autres, des hôtels de grand luxe, supermarchés et étals à même le trottoir, résidences magnifiques et huttes en terre , voitures de marque et pousse-pousse à vélo,  appelés Tuktuk   ou Ricshaw…  Les comparaisons sont innombrables dans cette capitale aux grands contrastes, (opulence et pauvreté…), devenue la plus encombrée et la plus polluée au monde.

Qui dit Delhi, dit aussi les beaux Jardins de Lodi Garden, au cœur de la ville, là où se trouvent tombeaux et mosquées appartenant à des dynasties musulmanes… Et non loin de là, Raj Ghat, le célèbre mémorial en marbre noir de Mahatma Gandhi, et la flamme éternelle qui brûle à l’une de ses extrémités,  attirent chaque jour, des milliers de visiteurs qui viennent, les pieds nus,    se recueillir sur  l’âme du  père de la nation,  et farouche partisan de la non violence. 

Une promenade au milieu des ruelles encombrées  des bazars et des monuments de Chandni Chowk, (place d’argent), nous fait remonter à la période moghole et nous mène  jusqu’au somptueux Fort Rouge, (Red Fort),  bâti en blocs de grès rouge et en face duquel, se dresse  le majestueux Jamaa Masjid ; deux grands symboles de l’architecture moghole qui atteignit son apogée sous le règne de Shah Jahan. 

Sur un autre registre, d’autres monuments  témoignent du présent comme le National Agriculture Science Museum qui est  l’une des récentes réalisations du Gouvernement indien,   dont l’inauguration a eu lieu fin 2004 à New Delhi.

Taj Mahal, un hymne à l’amour

A Agra, ville du nord de l’Inde dans l’Etat Uttar Pradesh, on se précipite vers Taj Mahal, le plus grandiose des mausolées, considéré comme étant le fleuron de l’architecture indienne.   

Quand Shah Jahan, le cinquième empereur moghol fit construire, (1631-1653), cette merveille de marbre blanc, en souvenir de sa femme Mumtaz Mahal, décédée en couches, il ne créa pas seulement un chef d’œuvre architectural,  mais aussi, un véritable hymne à l’amour. Un monument d’une beauté inégalée, symbolisant l’amour éternel, dont les travaux de construction prirent selon les historiens, vingt deux ans  et l’investissement de vingt mille hommes.  

Dès l’entrée par une  imposante porte en grès rouge ornée de calligraphies,   le Taj apparait dans toute sa splendeur; le jardin persan est soigneusement   planté d’arbres tout au long des allées pavées de fontaines et un grand bassin central fait miroiter l’image du monument dans toute sa gloire. Resplendissantes, les façades du Taj  sont rehaussées par les plus beaux matériaux d’ornementation architecturale. De ravissants bas- reliefs et décorations en pierres  multicolores incrustées, représentant des versets du coran calligraphiés et ciselés dans du marbre noir, donnent au monument, l’aspect d’un bijou. De l’avis de tous ceux qui y ont foulé le pied,  Le Taj Mahal est réellement une perfection d’esthétisme, une des merveilles du monde, source éternelle d’inspiration pour les artistes, les poètes et les photographes. 

Jaipur…la ville rose

De Jaipur, notre troisième destination, nous conservons la sublime image à vous couper le souffle, d’une ville dont le ciel est envahi, de cerfs- volants qui virevoltaient au dessus des cris de joie de la foule ; chaque 14 janvier,    des milliers d’enfants, courant ici et là dans les rues,  célèbrent le festival du cerf-volant, (festival kite children).  

Capitale de l’Etat de Rajasthan, Jaipur est  surnommée la ville rose parce qu’en 1876, la ville entière fut teinte en rose, signe d’hospitalité pour recevoir le prince de Galles qui, d’après les témoignages d’historiens, n’était jamais venu. Le Hawa Mahal ou « Palais des vents », situé au cœur de la ville, constitue le point de mire des visiteurs venus du Sous-continent et de l’étranger. Sa façade en grès rose constituée de  cinq étages de petite épaisseur, lui confère l’aspect d’un lieu énigmatique. Il servait d’abri discret aux femmes voilées pour assister aux cortèges à l’extérieur. 

Dernière étape de notre pérégrination dans les artères de Jaipur, le Birla Mandir, un imposant temple hindou en marbre blanc où règne une ambiance de paix et de recueillement. Sur ses murs, sont sculptés les portraits du  Christ, de Socrate, de  Bouddha et de Zarathoustra…Toutes belles sont les images que nous conservons d’un passionnant et édifiant séjour en Inde, ce pays le plus coloré au monde, comme un temple de beauté inépuisable !

S.B.Z