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Un attentat fait 48 morts dans le nord de la Syrie

Dimanche 8 Janvier 2017
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Un attentat fait 48 morts dans le nord de la Syrie

Un attentat particulièrement sanglant et attribué par des habitants au groupe État islamique (EI), a visé hierune ville syrienne frontalière avec la Turquie, alors que près de Damas, des techniciens étaient prêts à rétablir l’eau dans la capitale.

Au moins 48 personnes, en majorité des civils, ont été tuées dans l’explosion d’un camion piégé à Azaz. Parmi les victimes de la déflagration qui s’est produite sur un marché en face d’un tribunal islamique de cette localité de la province d’Alep, figurent six rebelles, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’identification est rendue difficile car certains corps sont entièrement calcinés, a souligné le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane, ajoutant que des dizaines de personnes avaient également été blessées.

Un attentat qui a fait plus de 40 morts. Une vidéo montre d’importants nuages de fumée s’élevant d’une rue jonchée de débris métalliques, ramassés par des bulldozers. Des pompiers sont également à l’œuvre, munis de lances d’incendie pour éteindre des véhicules en feu.

L’attentat le plus meurtrier à Azaz

Des secouristes, des rebelles et des civils fouillent les décombres d’un bâtiment dont la moitié s’est écroulée.

Il s’agit de l’attentat le plus meurtrier à Azaz, qui a déjà été la cible de plusieurs attaques et offensives des jihadistes de l’EI qui cherchent en vain à s’en emparer.

Osama al-Merhi, un avocat présent sur les lieux de l’explosion, a pointé l’EI. «Ce genre de crimes est uniquement commis par le groupe terroriste Daech».

Azaz se situe dans le nord de la Syrie.

«Ce sont eux qui visent les civils et les cadres qui construisent le pays», affirme-t-il.

L’attentat intervient au neuvième jour d’un fragile cessez-le-feu en vigueur sur plusieurs fronts du pays en guerre mais qui exclut les territoires contrôlés par les groupes jihadistes.

Plus de 310000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit en mars 2011.

Vers un rétablissement de l’eau

À Damas, des millions d’habitants sont durement touchés depuis des semaines par une grave pénurie d’eau due aux combats incessants à Wadi Barada, un secteur rebelle clé où se trouvent les principales sources d’approvisionnement en eau potable pour Damas.

L'ONU a qualifié les privations d’eau imposées aux civils de «crime de guerre».

Les affrontements se poursuivaient samedi matin à Wadi Barada après avoir fait au moins neuf morts - sept soldat et deux civils - dans la nuit, selon l’Observatoire.

Beaucoup de civils tués dans cet attentat. Beaucoup de civils tués dans cet attentat. | REUTERS TV

En début de matinée, la télévision d’État syrienne a affirmé que des équipes de maintenance étaient arrivées à la périphérie de la zone située à quelque 15km au nord-ouest de Damas et se «tenaient prêtes à entrer» pour commencer les travaux.

Un cessez-le-feu temporaire?

Selon une source proche du régime, un cessez-le-feu temporaire a été conclu par les Russes pour permettre les réparations, même si le retour à la normale pour l’approvisionnement en eau de la capitale pourrait prendre des jours.

Les combats à Wadi Barada font rage depuis des semaines, en dépit de l’entrée en vigueur le 30 décembre d’une trêve parrainée par la Russie, alliée du régime, et de la Turquie soutien des rebelles.

Le régime soutient que Fateh al-Cham, l’ancienne branche syrienne d’Al-Qaïda, est présent à Wadi Barada et accuse les rebelles de «contaminer au diesel» les réserves d’eau, ce que nient les insurgés. Ces derniers affirment que les bombardements du régime ont détruit les infrastructures.

5,5 millions de personnes ont vu leur approvisionnement en eau coupé ou bien réduit parce que les sources de Wadi Barada sont inutilisables en raison des combats ou d’actes de sabotage, ont dénoncé jeudi les Nations unies.

Négociations mises en péril

Les combats persistants compliquent la tenue de négociations, programmées en janvier à Astana, au Kazakhstan et parrainées par la Russie et l’Iran, alliés du régime, et la Turquie, soutien des insurgés.

D’importants groupes rebelles ont déjà annoncé le gel de leur participation aux préparatifs d’Astana, accusant le régime de violer le cessez-le-feu, le énième depuis le début du conflit en 2011.

Engagée militairement depuis septembre 2015 en Syrie, Moscou a changé la donne dans la guerre en volant au secours de l’armée qui était alors en difficulté face aux rebelles, appuyés par des pays du Golfe et occidentaux.

La Turquie a elle aussi lancé en août une intervention militaire dans le pays en guerre, visant deux groupes qu’elle considère comme «terroristes»: l’EI et les Unités de protection du peuple kurde (YPG), alliées de Washington dans la lutte contre les jihadistes.

Ankara a envoyé du renfort en vue d’une opération contre la ville d’Al-Bab, un fief des jihadistes dans le nord de la Syrie, a indiqué samedi l’OSDH.

Par ailleurs, les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance kurdo-arabe soutenue par Washington, se rapprochent de Raqa, la capitale de facto de l’EI en Syrie et se trouvent à une distance de tir du barrage de Tabqa sur l’Euphrate, a indiqué l’OSDH.

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