«L’année 2017 sera celle de la réalisation des nouvelles grandes orientations culturelles» - Le Temps Tunisie
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Mohamed Zine-El-Abidine, ministre des Affaires culturelles :

«L’année 2017 sera celle de la réalisation des nouvelles grandes orientations culturelles»

Vendredi 6 Janvier 2017
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«L’année 2017 sera celle de la réalisation des nouvelles grandes orientations culturelles»

 

En ce début d’année et après plus de cent jours passés à la tête du ministère, Mohamed Zine El-Abidine, ministre des Affaires Culturelles, affiche sa grande ambition de lancer de nouvelles manifestations culturelles pour l’année 2017 et de réaliser les nouvelles grandes orientations tracées par son département.

Dans une interview accordée à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP, le ministre revient sur toutes les questions brûlantes de la scène culturelle en Tunisie et les grandes manifestations prévues qui seront notamment orientées vers les régions du Sud, ainsi que de proposer de nouvelles lois qui organisent et règlementent le travail culturel.

Dans le cadre de la décentralisation et la démocratisation de la culture, l’année 2017 devrait connaitre la création de deux événements culturels dans les villes du bassin minier du sud-ouest tunisien, avec une manifestation baptisée «saison de la culture ouvrière» qui aura lieu à Redeyef et Om Larayes dans le gouvernorat de Gafsa.

Pour désenclaver les populations insulaires, une manifestation intitulée «Saison de la culture insulaire» sera organisée sur les îles de Kerkenah (Sfax) et de Djerba (Médenine).

«Malgré les ressources financières limitées du ministère, d’autres manifestations culturelles régionales verront également le jour en cette nouvelle année 2017, à l’instar de celles prévues dans le gouvernorat de Tataouine; «les journées des arts plastiques de Tataouine» et «les journées du cinéma de Tataouine» précise le ministre.

S’agissant du budget alloué à certaines grandes manifestations et festivals internationaux, les principales décisions du nouveau ministre s’orientent vers la réduction du budget de la 53ème édition du Festival international de Carthage (FIC), sans pour autant préciser le taux de la baisse, indiquant seulement que le budget de «l’édition 2017 du festival sera inférieur à celui alloué à la précédente édition». 

En revanche le budget alloué à la Foire internationale du livre de Tunis (FILT) sera augmenté. «Il est estimé à 300 pc et non 500 pc tel que cela a été récemment véhiculé par les médias» a-t-il précisé.

Tout un arsenal législatif qui devra être publié en cette année 2017, est en cours de préparation par les différentes commissions et administrations relevant du ministère. Selon Zine El-Abidine «2017 sera l’année de la promulgation de textes législatifs relatifs à l’action culturelle», citant à cet égard, des projets de loi relatif aux musées, aux professions artistiques, à la Cité de la culture, au mécénat culturel, aux grandes manifestations culturelles et à la mutuelle des artistes.

Le ministre qui reconnait le rôle important qu’incombe à l’administration tunisienne, dans la motivation, le soutien et l’encouragement des initiatives privées, insiste toutefois sur la nécessité de «réduire la bureaucratie dans les administrations relevant du ministère des Affaires Culturelles». 

Dans ce contexte, après les nominations partielles récemment annoncées dans le secteur culturel, Mohamed Zine-El Abidine a déclaré que d’autres nominations à la tête des délégations régionales des Affaires culturelles seront bientôt annoncées.

Des négociations et propositions sont en cours pour la mise en place du Conseil supérieur pour la culture dont la réactivation nécessite «patience, étude et participation des gens du secteur, afin qu’il ne soit pas une structure pareille au «conseil fictif», crée avant le 14 janvier 2011», selon lui.

 

Soutien aux professionnels du cinéma

Le ministre a par ailleurs réitéré son soutien aux professionnels du cinéma à travers le maintien de la périodicité des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), «ce grand évènement arabe et africain annuel qui devra s’ouvrir davantage sur les régions en consécration du principe de la décentralisation culturelle contenu dans le chapitre 42 de la Constitution.»

Interrogé sur l’invitation reçue par la Tunisie pour participer en tant qu’invitée d’honneur à la foire internationale du livre dans la province de Québec au Canada, il a précisé que le ministère a déja reçu une invitation orale, en attendant l’invitation officielle à participer dans cette foire canadienne. Sans donner plus de détails, le ministre annonce que « la Tunisie sera présente dans quatre foires internationales du livre à l’étranger «.

Cette année, le ministère de la culture prévoit un ensemble de projets d’entretien des sites du patrimoine, à l’instar de ceux engagés au palais du Baron D’Erlanger (Ennejma Ezzahra) à Sidi Bou Saïd, un monument historique pour lequel ont été alloués des fonds pour les travaux de restauration et d’aménagement.

Dans le cadre d’un partenariat public-privé qui encourage les actions de mécénat culturel, le bureau de la firme internationale sud-coréenne Samsung en Tunisie avait déjà participé à l’entretien de la phonothèque du palais, déjà ouverte au grand public, en l’équipant en matériel technologique HD.

Evoquant le grand projet tant attendu de la Cité de la Culture, le ministre estime qu’elle devrait être prête avant la fin de l’année 2017, date prévue pour le parachèvement des travaux qui «relèvent principalement du ministère de ministère de l’Equipement et de l’Habitat. »

Abordant la question de création d’un musée d’art qui constituera l’un des pôles de la Cité de la culture, il a annoncé la «création d’un musée national d’art contemporain qui devra répondre aux standards internationaux afin qu’il soit un édifice permanent pour la sauvegarde de la mémoire nationale «.

Pour la promotion de l’image de la Tunisie à l’étranger, le ministère œuvrera «en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères, à la création de centres culturels tunisiens dans des pays comme l’Algérie, la Turquie, la Chine, la France et l’Italie.»

Artistes, intellectuels et poètes peuvent être associés à ces projets de travail diplomatique culturel, peu coûteux -dont la réalisation nécessite des infrastructures, ressources humaines et contenus culturels. Il s’agit aussi d’organiser des semaines culturelles tunisiennes dans un certain nombre de pays, selon lui, annoncant à ce propos, que «l’année en cours verra l’organisation de la saison culturelle tunisienne à Paris.

Volet maghrébin, le ministre a indiqué que son département envisage de créer «le festival Transfrontalie qui sera organisé dans l’espace maghrébin, en Tunisie et en Algérie d’un côté, et en Tunisie et en Libye de l’autre, une action qui se veut un rapprochement entre les peuples Maghrébins» a-t-il affirmé.