Veille de Nouvel An sanglante à Bagdad - Le Temps Tunisie
Tunis Samedi 22 Septembre 2018

Suivez-nous

Sep.
23
2018

Irak

Veille de Nouvel An sanglante à Bagdad

Dimanche 1 Janvier 2017
نسخة للطباعة
Près de 30 morts dans des attentats
Irak: Veille de Nouvel An sanglante à Bagdad

Près de 30 personnes ont péri hier dans un double attentat suicide sur un marché de Bagdad revendiqué par le groupe terroriste Etat islamique (EI) cible d'une vaste offensive des forces irakiennes dans son bastion de Mossoul.

La double attaque est survenue à la veille du Nouvel an sur le marché de mi-gros d'Al-Sinek, en plein coeur de Bagdad, où sont vendus pêle-mêle des pièces détachées de voitures et des vêtements.

Deux kamikazes se sont fait exploser quasi simultanément à une heure matinale où vendeurs et acheteurs sont très nombreux. Les devantures et les étals ont été soufflés par les déflagrations.

Des débris mêlés au sang des victimes jonchaient le sol.

"Il y a 27 morts et 53 blessés", a déclaré un colonel de la police à l'AFP. Un bilan confirmé par un responsable du ministère de l'Intérieur et une source hospitalière.

"De nombreuses victimes étaient des employés de magasins de pièces détachées. Ces derniers s'étaient réunis autour d'un étal pour prendre le petit-déjeuner quand les explosions ont eu lieu", a déclaré Ibrahim Mohammed Ali, un commerçant.

- Revendication de l'EI -

L'EI a revendiqué l'attaque par le biais de son agence de propagande Amaq.

Le groupe extrémiste sunnite vise fréquemment la capitale irakienne au moyen d'attentats suicide ou à la bombe et plus particulièrement les chiites qu'il considère comme "hérétiques".

Ce double attentat endeuille la fête du Nouvel An à Bagdad, que les habitants entendent célébrer dans les rues, malgré l'insécurité.

Il rompt aussi une période de calme relatif dans la capitale irakienne. Le dernier attentat d'envergure à Bagdad s'était produit mi-octobre lorsqu'un kamikaze s'était fait exploser au milieu d'une cérémonie de condoléances dans un quartier chiite tuant 34 personnes.

Bagdad était en alerte depuis le lancement le 17 octobre de l'offensive militaire d'envergure pour reconquérir Mossoul, deuxième ville du pays, aux terroristes qui l'occupent depuis juin 2014.

L'attentat de samedi souligne également combien la sécurité en l'Irak reste précaire, même dans des zones qui ne sont pas occupées par les terroristes ou dans d'autres d'où l'EI a été chassé.

A Gogjali, une banlieue de Mossoul (nord) reprise à l'EI début novembre, trois attentats simultanés ont ainsi tué 23 personnes la semaine dernière.

La promesse du Premier ministre Haider al-Abadi de reprendre Mossoul avant la fin de l'année est désormais caduque et plus tôt cette semaine, il a avancé une nouvelle échéance.

"Les informations disponibles montrent que l'Irak a besoin de trois mois pour éliminer Daech", a-t-il déclaré en utilisant un acronyme arabe de l'EI.

Mossoul revêt une importance particulière aux yeux des terroristes. C'est à la grande mosquée Al-Nouri, dans le centre-ville, que son chef Abou Bakr al-Baghdadi, avait fait le 6 juillet 2014 sa première apparition publique en appelant les musulmans à lui "obéir".

Une semaine plus tôt, le 29 juin, son groupe l'avait désigné "calife" en proclamant l'établissement d'un califat sur les territoires qu'il contrôlait en Irak et en Syrie voisine. Mais depuis l'EI a perdu beaucoup de terrain face aux multiples offensives lancées contre lui.

Le très discret Baghdadi "est vivant et dirige toujours l'EI", a déclaré le porte-parole du Pentagone. "Nous faisons tout ce que nous pouvons" pour le détecter et l'éliminer.

Mots-clés: