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Syrie

Palmyre et son pétrole, cibles d’une attaque d’envergure

Dimanche 11 Décembre 2016
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Syrie: Palmyre et son pétrole, cibles d’une attaque d’envergure

L’organisation terroriste Etat islamique (EI) bouge encore. En passe de perdre son bastion d’Al-Bab, dans le nord de la Syrie, qui commence à être investi par des forces turques et des terroristes syriens, attaquée à Mossoul et menacée à Rakka, ses deux « capitales » irako-syriennes, l’organisation terroriste a lancé, ces trois derniers jours, une offensive sans précédent contre la ville de Palmyre, dans l’est de la Syrie, et les champs d’hydrocarbures environnants.

Coup d’éclat, diversion ou stratégie de reconquête ? L’organisation terroriste, montre en tout cas, qu’elle est encore capable de lancer des attaques planifiées et, surtout, de faire parler d’elle.

Attaquant depuis jeudi 8 décembre l’armée syrienne et les Forces de défense nationale, une milice progouvernementale, l’EI menace à nouveau Palmyre. Les terroristes évoluaient, hier, à moins de 5 km de l’entrée sud-ouest de la ville.

Dans la soirée de vendredi, un commando se serait même infiltré dans les quartiers est, selon des opposants locaux au régime syrien et à l’EI. Les combats continuaient hier dans les environs de la cité.

Quatre-vingt-cinq soldats et miliciens syriens auraient été tués, selon des sources hospitalières, et un nombre inconnu manquait à l’appel. L’EI a de son côté filmé quatre prisonniers.

Signe de la tension qui règne en ville, « le régime a empêché un certain nombre de ses fonctionnaires et employés de quitter la ville, au prétexte que leur devoir était de rester et de protéger leur quartier au cas où il se passerait quelque chose »,affirme la coordination rebelle de Palmyre.

Les médias progouvernementaux s’accordent, eux, sur une même phrase pour décrire les dernières heures : « La situation est sérieuse. »

Attaque d’une douzaine de positions gouvernementales

L’EI avait occupé la ville de Palmyre en mai 2015 avant d’en être chassé par les forces gouvernementales appuyées par la Russie, en mars 2016. Les terroristes avaient entre-temps provoqué d’importants dégâts dans la cité antique, classée au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, dynamitant notamment plusieurs temples, dont ceux de Bêl et de Baalshamin, deux joyaux de la ville.

L’organisation terroriste n’a jamais cessé de maintenir une présence dans la région de Palmyre en harcelant régulièrement les troupes gouvernementales dans un périmètre de 15 km à 20 km à l’est de la ville.

L’attaque de ces deux jours est néanmoins inédite : les colonnes de l’EI ont attaqué simultanément une douzaine de positions gouvernementales dont les plus espacées sont éloignées l’une de l’autre de près de 70 kilomètres.

Autour de Palmyre et à l’est de la ville d’Homs, siège du gouvernorat dont la cité antique fait partie, le mouvement terroriste profite de la présence dans la région d’Alep des meilleures unités gouvernementales, dont la force Tigre et les Faucons du désert, qui jouent habituellement les pompiers dans le gouvernorat d’Homs dès lors qu’il s’agit de repousser les incursions terroristes.

Quant aux forces régulières et à la milice des Forces de défense nationale restées sur place, elles pâtissent de leur incapacité chronique à sécuriser, faute d’effectifs suffisants, les vastes espaces du Grand Est syrien.

A 250 km de Palmyre, l’EI est également solidement implanté dans et autour de la ville de Deir ez-Zor, où il assiège 80 000 habitants pris au piège depuis juillet 2014 dans une enclave contrôlée par Damas. Une zone d’où il peut acheminer des renforts, et où seraient arrivés ces derniers temps des militants en provenance d’autres régions où il perd du terrain.

Située entre les villes d’Homs et de Palmyre, la base aérienne de Tiyas est également menacée. Une cible évidente. C’est de cette base que décollent les hélicoptères russes et les avions syriens qui soutiennent les troupes gouvernementales dans l’est du gouvernorat d’Homs. Un Mig 23 gouvernemental s’est écrasé peu après en avoir décollé, hier, officiellement « à la suite d’un incident technique ». L’EI affirme l’avoir abattu.

La production d’hydrocarbures prioritairement visée

C’est près de cette base que passe la route qui relie Homs à Palmyre, longeant une importante installation gazière, qui semble être tombée aux mains des terroristes.

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