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Syrie

Bombardements d'une violence inouïe sur Alep

Dimanche 20 Novembre 2016
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Tous les hôpitaux d'Alep-Est seraient hors service
Syrie: Bombardements d'une violence inouïe sur Alep

Les quartiers rebelles de la grande ville du nord de la Syrie subissent les bombardements d'artillerie les plus violents depuis deux ans, signe de l'objectif du régime syrien de reprendre le contrôle de toute la ville.

Le correspondant de l'AFP rapporte que des bombardements d'une violence inouïe menés par le régime syrien pour le cinquième jour consécutif sur les quartiers rebelles de la ville d'Alep ont détruit l'un des derniers hôpitaux du secteur et forcé les écoles à fermer leurs portes. L'actuelle offensive sur Alep-Est a commencé mardi et les forces progouvernementales ont pilonné plusieurs quartiers vendredi, pour la quatrième journée consécutive.

Les structures de secours ont été durement affectées par ce tapis de bombes, plongeant les milliers d'habitants qui résideraient encore dans les quartiers est dans une situation de plus en plus dramatique. Jamais depuis deux ans l'artillerie gouvernementale n'avait pilonné ces quartiers avec une telle intensité, avec des roquettes s'abattant dans un bruit terrifiant et des explosions faisant trembler le sol. Vendredi, un bombardement sur le quartier rebelle de Maadi a mis hors service un des derniers hôpitaux d'Alep-Est après l'avoir détruit partiellement. Deux patients ont été tués et des infirmiers blessés.

"La destruction de ces infrastructures essentielles prive la population assiégée (mais) déterminée de centres de soins vitaux (...)", disent-ils dans un courrier électronique adressé à Reuters par un membre de l'opposition syrienne.

Selon Elizabeth Hoff, représentante de l'OMS en Syrie, les organisations humanitaires placées sous la direction de l'Onu qui sont présentes du côté turc de la frontière "ont confirmé aujourd'hui que tous les hôpitaux d'Alep étaient hors service".

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG basée à Londres qui rend compte du conflit grâce à un réseau d'informateurs sur place, assure en revanche que certains centres hospitaliers de la partie assiégée de la grande ville du Nord continuent à prodiguer des soins.

Mais, ajoute-t-il, les bombardements dissuadent les habitants de s'y rendre.

Plusieurs centres de soins ont été endommagés ces derniers jours par les bombardements et certains ont été directement visés, selon le personnel médical et des habitants.

A Alep-Est, où vivraient encore 270.000 civils, la population n'a, selon l'Onu, quasiment plus de vivres ni de médicaments, en raison de l'impossibilité de la ravitailler en aide humanitaire.

Des habitants déjà en proie à la faim

Depuis la reprise des bombardements mardi dans l'ex-capitale économique de la Syrie, après une suspension d'un mois, au moins 65 civils ont péri. A Berlin, les principaux dirigeants européens et le président américain Barack Obama ont appelé à «l'arrêt immédiat» des attaques contre le secteur rebelle d'Alep, où les habitants souffrent déjà de la faim en raison d'un siège de plus de quatre mois imposé par le régime de Bachar el-Assad.

La Russie, qui intervient en Syrie depuis plus d'un an pour soutenir le régime, ne participe pas aux bombardements aériens sur Alep-Est. Mais elle mène depuis mardi des frappes sur la province voisine d'Idleb, contrôlée par une alliance de rebelles et de terroristes. Selon des analystes, Damas et ses alliés veulent aller vite avant la prise de fonction de Donald Trump à la présidence américaine le 20 janvier.

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