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VIH-SIDA

Voilà comment je me suis fait « dépister »…

Comment s’effectue le test de dépistage du VIH-SIDA ?

Comment les spécialistes prennent-ils en charge ou orientent-ils les volontaires ?

Est-il aussi simple de savoir si on est porteur ou non du VIH ?


Tentée par l’expérience, j’ai décidé de me déplacer dans l’un des principaux centres dédiés à cette « mission »

Se déplacer dans l’un des centres ou unités de dépistage anonyme et gratuit en Tunisie pour effectuer un test du VIH, c’est un acte courageux qui témoigne d’une grande responsabilité, car c’est sa propre santé qui est en jeu, mais aussi et surtout celle d’autrui pour ceux qui se permettent des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires.

A l’unité de dépistage anonyme et gratuit au centre de soins et santé de base sis à l’avenue 9 avril, le dépistage s’est déroulé rapidement et dans de bonnes conditions. Par contre, à quelques mètres de là et plus précisément au centre du 43, boulevard Hédi Saïdi à Bab Sâadoun, il fallait que je revienne après avoir pris rendez-vous. Car le médecin n’était pas disponible que vers 14 heures…C’est démotivant.

Mercredi matin, l’avenue 9 avril enregistre une grande affluence. Un bon nombre d’établissements hospitaliers ; CHU, urgences, centre de soins et santé de base…sont édifiés dans cette artère principale de la capitale. Cependant, il n’est pas très difficile de trouver le centre puisque une unité d’écoute et d’orientation des jeunes est ouverte. Le local, minuscule il faut dire, était archi-comble.

Discrétion et anonymat

Des patients font la file devant la pharmacie, d’autres portent des masques pour ne pas transmettre le virus A. Ils attendent le médecin dans le hall. Perdue dans la petite foule, il m’a fallu demander autour de moi où effectuer le test car, aucune indication n’oriente les intéressés. « Discrétion oblige », expliquent les responsables chargés du programme au sein du ministère de la Santé publique.

Dans un petit bureau, une jeune fille portant un tablier blanc, orné du fameux symbole rouge de lutte contre le SIDA  (le V renversé) discutait avec ses collègues ainsi que des jeunes garçons. Hésitante, angoissée,  je demandai quand même : où est-ce que je pouvais subir le test ? « C’est bien ici » me répond-elle. Je m’attendais à ce que les autres quittent le bureau pour qu’on puisse parler à l’aise. Mais personne n’a fait un geste, c’est ce qui m’a poussé à demander une discussion à huit clos. L’assistante sociale m’a tout de suite expliqué que j’allais faire un test rapide dans l’autre salle et que le résultat serait prêt au bout d’un quart d’heure, vingt minutes au maximum.

Vite fait bien fait

Je me mets dans la peau d’une jeune qui se fait dépister, divers sentiments m’envahissent; crainte, peur, angoisse et confusion. L’assistante se dirige vers un autre bureau d’un froid glacial. Elle me demande de m’installer tout en commençant à remplir une fiche de renseignements sans me demander ni mon nom, ni mon prénom ou toute autre information personnelle. Jusque là, les procédures sont respectées. « Anonymat total », c’est rassurant. Je suis en fait, devenue un chiffre ou plutôt un code, difficile à retenir tellement j’avais peur. Je commence déjà à penser au résultat du test que je n’ai pas encore effectué.

L’assistante me remet la fiche que je dois présenter ultérieurement et sur laquelle je lis entre autres la date, le code, et surtout une instruction assez importante. « Le résultat n’est remis au concerné qu’en présentant la fiche ». Par ailleurs, l’assistante écrit l’information, « le code » sur une enveloppe et une lamelle en plastique. Elle met ses gants et me demander de tendre le bras pour la prise de sang. Une simple analyse vient de s’effectuer, analyse décisive certes pour un bon nombre de personnes qui choisissent de s’assurer si elles sont porteuses du virus ou non. « Vous passez dans un quart d’heure pour le résultat », me demande la jeune femme tout en souriant.

Conseils et sensibilisation

Le cours du temps semble suspendu. Un quart d’heure vient de s’écouler et me revoilà dans le même hall. Cette fois c’est la psychologue qui me demande de la suivre. Je panique, je commence sérieusement à avoir peur. Elle me pose un tas de questions avant de m’annoncer la nouvelle. Chose qui m’intrigue au point de me pousser à lui demander si le résultat est positif ou négatif. « Je vous le dirai », me répond-elle tout en tenant à savoir quel genre de rapport j’ai, avec qui, s’il est protégé ou non…Je répondais tout en inventant des scénarii pour pousser la discussion plus loin. Elle finit par me dire que le test est négatif. « Mais il faut faire attention », me recommande-t-elle. Et d’enchaîner : «  Il ne faut pas s’aventurer à avoir des rapports non protégés, car le risque de transmission du VIH et autres infections ou maladies hépatiques est toujours là ». « Une aventure risque de transformer votre vie », ajoute la jeune psychologue. Notre discussion était courte et concise, interrompue brusquement, par  un jeune qui vient se faire dépister.

Rassurée, je décide de terminer mon expérience dans cette unité qui visiblement, fonctionne bien.

Les centres ne se ressemblent pas

Pas très loin de l’avenue 9 avril, au 43 avenue Hédi Saïdi, à l’Association Tunisienne d’Information et d’Orientation sur le SIDA (ATIOS), une jeune fille était à l’accueil. Je demande à faire un test de dépistage du VIH, mais elle me répond qu’il « faut fixer un rendez-vous », puisque le médecin n’est pas toujours disponible dans l’association.

Elle l’appelle par téléphone et me dit de passer le même jour à 14 heures. Je décline la proposition. La jeune me propose un deuxième rendez-vous le lendemain à 15 heures. C’est décourageant pour un jeune qui veut savoir dans l’immédiat s’il est porteur du VIH ou non.

Contrairement au centre de soins, le dépistage ne s’effectue pas de la même façon à l’ATIOS. Il faut à priori fixer un rendez-vous le temps d’appliquer le nouvel horaire d’ouverture du centre. Les intéressés pourront se présenter à l’ATIOS du lundi au vendredi pour une moyenne de deux heures par jour. Il faut tout juste en avoir le courage, en adoptant un comportement rationnel. 

Lancée il y a à peine deux ans, cette expérience a pour objectif d’encourager les jeunes à se faire « dépister » le VIH dans l’anonymat total. Il faut tout juste oser et avoir le courage pour savoir si on est porteur du virus ou non et pour adopter un comportement non risqué.

Sana FARHAT





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