En d’autres termes, l’endettement de la France a atteint 1.717 milliards d’euros, soit, selon les calculs de la Cour des comptes, 62.000 euros par ménage – ou encore 67.000 par personne ayant un emploi.
Non seulement le déficit public a été plus élevé qu’en 2010, mais les opérations de prêts aux États en difficulté en zone euro ont pesé. Quant à la charge de la dette l’an dernier, elle s’est « fortement alourdie », soulignent les Sages de la Rue Cambon. La totalité des intérêts ont dû être financés par l’emprunt.
La Cour des comptes lance une alerte : la dette publique devrait dépasser 90 % du PIB fin 2012 (pour mémoire, elle était de 64 % fin 2007). La dette publique imputable aux programmes d’aide aux pays en difficulté (prêts bilatéraux ou par l’intermédiaire du FESF) devrait s’élever à 50,2 milliards fin 2012, contre 14,5 milliards fin 2011 – soit une hausse de 1,8 point de PIB.
Cette année, les taux d’intérêt auquel la France se finance sur les marchés lui sont favorables – la charge de la dette pourrait s’élever à 47,5 milliards au lieu de 48,8 milliards prévus dans la loi de finances initiale ; mais le rapport s’attend à ce qu’ils remontent dans les prochaines années « même s’il est impossible de préciser la date de ce mouvement ». S’ils retrouvent leur niveau d’avant crise (3 % pour les taux à court terme, 4 % pour les taux à long terme), la charge de la dette augmenterait alors de 12,5 milliards entre 2011 et 2016.
Mais « cette progression serait plus forte, prévient la Cour, si des efforts de consolidation insuffisants conduisaient à s’écarter de la trajectoire de dette ». Le cas échéant, il n’est pas exclu que l’endettement atteigne… 100 % du PIB en 2017. Inacceptable pour les marchés ! Cela « entraînerait inévitablement une hausse rapide des primes de risque ». Et de rappeler ce qui est arrivé récemment à l’Espagne et à l’Italie… Bref, le gouvernement n’a d’autres choix que de respecter ses engagements. (Source : le Figaro).