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Archive  Dimanche 01 juillet 2012
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Les rouages déglingués de l’Etat

Véritable enjeu? Le pouvoir, pardi!

Récapitulatif : la Tunisie se trouve prolongée depuis une semaine dans une  crise politique aiguë suite à la tension qui règne entre le président  de la République et le chef du gouvernement.


La première étincelle de la crise fut déclenchée juste après l’extradition de Baghdadi Mahmoudi par une décision de Hammadi Jebali  sans avertir, auparavant et à temps Moncef Marzouki. Ce dernier, et après avoir accusé le chef du gouvernement « d’outrepasser ses prérogatives », a décidé de démettre le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, Mustapha Kamel Nabli, de ses fonctions.

Un limogeage qui ne peut  qu’aggraver la situation notamment après le report d’un discours de Marzouki  prévu sur la chaîne publique de télévision al-Wataniya. Cette crise au sommet de l’Etat ne cesse d’alimenter les débats et de dessiner  de grands points d’interrogations surtout avec le silence, intrigant, mêlé peut-être de complicité de Mustapha Ben Jaafar, président de l’ANC. 

« Cette crise politique était prévisible vu le conflit de compétences et d’intérêts caractérisant ce gouvernement », explique  Jawhar Ben Mbarek, coordinateur du réseau Dostourna. Selon lui, ce n’est pas la première crise à laquelle fait face le gouvernement provisoire. « Le gouvernement de Hamadi Jebali a toujours été indisposé eu un désarroi par rapport aux déclarations de Moncef Marzouki et de son groupe de conseillers. Le vrai problème c’est que l’ampleur de ces crises ne cesse d’augmenter.

Aujourd’hui nous sommes passés de l’action à la réaction. Ennahdha  ne semble plus laisser passer les coups bas de Marzouki connu par son tempérament politique agité et instable», affirme Jawhar Ben Mbark en ajoutant que l’échange de tirs entre Marzouki et Jebali aura sans doute des répercussions négatives sur la stabilité de l’Etat souffrant d’ores et déjà de plusieurs problèmes politiques et économiques.

Jawhar Ben Mbarek a insisté également à parler de la position bizarre de Mustapha Ben Jaafar, qui selon lui, a préféré se ranger du côté d’Ennahdha afin de gagner sa guerre froide pour la présidence de la République. « A mon avis, il s’agit de la présidence de la République, car pour la première fois depuis les élections, on assiste à une alliance entre Ennahdha et Ettakattol contre le CPR. Pour moi, Ennahdha a fait son choix et a décidé de changer l’équipe qui n’a pas l’air de gagner et ici je parle de Marzouki . Dans tous les cas, cette crise ne peut être que  le premier épisode d’une nouvelle guerre électorale », renchérit le coordinateur du réseau Dostourna.

«Conflit de spécialités…»

Pour sa part, Khémais Kssila, porte-parole du Mouvement Tunisie a bien noté qu’il s’agit en premier lieu d’un conflit de spécialités. « Franchement, ce qui se passe au sommet de l’Etat ne peut que présager le pire. Cet échange de tirs entre le président de la république et le chef du gouvernement aura, sans l’ombre d’un doute, un impact négatif sur l’investissement, la stabilité sécuritaire et tout ce qui est en rapport avec l’autorité et le prestige de l’Etat »,  affirme Khémais Kssila en insistant que ces conflits ont une seule explication : «La légitimité électorale n’est pas toujours le seul prétexte », explique le porte parole d’Ettakattol. Et d’ajouter : «cette crise politique qui s’intensifie au fil des jours pour ne pas dire des heures, est le résultat de l’absence de concertation et de confidence au sein du gouvernement élu.  A ceci s’ajoute le manque de compétences et d’expérience face à  un paysage politique instable et très fragile. A mon avis, la situation devient grave et nécessite une vrai recul ». Que faire alors ?

Khémais Kssila répond que le gouvernement de Jebali devra beaucoup penser à l’initiative de l’UGTT et passer à un dialogue réunissant toutes les parties concernées par le bien de ce pays. « Gouvernement, opposants, associations et société civile devront assister à ce dialogue afin de bâtir la Tunisie de l’après Révolution. Bien évidemment,  le gouvernement de cette Tunisie devra être composé de vraies compétences dans tous les domaines », renchérit-il.

Mis à part toute analyse de ce qui se passe entre la Kasba et le Palais de Carthage, ce qui est sur c’est que le courant ne passe plus entre le chef de l’Etat et le chef du gouvernement.  Pour cela et avec le silence du troisième chef  (président de la Constituante),  une redistribution des cartes s’avère proche car nos décideurs ne semblent pas avoir l’intension de fumer le calumet de la paix. Pour eux l’enjeu est beaucoup plus intéressant : Le Pouvoir !

 

Samah MEFTAH



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  Commentaires: Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'est en aucun     cas responsable du contenu.

andalib   
simplicité       Le: 01/07/2012
Et pour étayer ses dires, la journaliste questionne Ben Mbarek et Ksila !!! On doit s'attendre à quoi de la part de ces opposants ! Voilà un exemple de professionnalisme !




Hésa   
Qu'on respecte les étiquettes!       Le: 01/07/2012
Ce que le premier ministre a mis les deux pieds dans le plat, il feint de ne pas connaitre les limites !c'est la Tunisie qui trinque , ces messieurs se fichent surtout ben Jâafar on le croirait en marbre , avec des gens pareils la Tunisie n'est pas bien servie, mais comme on a l'habitude de dire en Tunisie "est ce qu'on demande des comptes au mort du vendredi non, mais on les lui demande le samedi" il y aura aussi un samedi pour ceux qui ont trahi la Tunisie.




ourwa   
Le pouvoir de l'incompétence?       Le: 02/07/2012
Le problème, en politique, c'est le courage, courage en conformité avc les idéaux auquels on adhère, sans concession aucune...Marzouki, alias Tartour, grande figure des défenseurs des Droits de l'Homme en Tunisie, aurait dû protester énergiquement contre les dérives du gouvernement quant au silence assourdissant de celui-ci face aux débordements des milices salafistes d'Ennahda à l'université, à la TV, à la Marsa, à Jendouba, au Kef et ailleurs...Il n'en fut rien. On espérait qu'il ait le courage de démissionner, suite à l'extradition de Mahmoudi-ça aurait été conforme à ses idéaux de défenseur des droits de l'homme-ce fut une attente déçue...et scandaleuse. Le projet de saisir l'ANC à ce sujet- qu'on attend toujours...- fait sourire, quand on sait que cette assemblée est dominée par Ennahda et que l'" opposition" n'en a que le le nom...gangrénée qu'elle est par ses interêts partisans et personnels...Tartour a choisi les premiers...et décide de s'incruster à son strapontin...sous le sourire narquois de Jebali. Sont-ils aux ordres d'on ne sait qui?... Allez savoir! Ce qu'on sait, par contre, c'est que le pays sombre de + en + dans le marasme politique et social et qu'un peuple de 11 M de personnes voit sa patience à bout...et il faut craidre les soubresauts ravageurs...




zarzour    
tout est bénéf       Le: 02/07/2012
De cette situation un seul sortira vainqueur c'est Ghannouchi et son parti Anahdha.Au fond Jbali n'est dans cette affaire qu'un simple exécutant,quant à celui qui planifie n'est autre que le Leader d'Anahdha qui se tient loin des projecteurs,il manupile la carotte et le bâton en tirant les ficelles selon son bon vouloir et au moment le plus opportun.Tout cela pour créer une situation confuse dans le but suprème que la constitution soit retardée,par la même occasion il lui sera aisé d'écraser un peu plus l'opposition pour se hisser enfin en tant que sauveur.Méfiez - vous des eaux dormantes !


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