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Archive  Dimanche 27 mai 2012
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Devant la multIplication des provocations et des démonstrations de force


Le gouvernement serait-il désarmé face aux salafistes?

Naguère condamnés à la clandestinité ou croupissant dans les geôles de Ben Ali, les salafistes tunisiens occupent de plus en plus l’espace public et tentent de s’imposer comme des acteurs politiques à part entière depuis le retentissant exploit électoral de leurs frères en Islam d’Ennahdha. 

Ces défenseurs d’une vision radicale et puritaine de l’Islam ne se contentent plus de manifester dans les rues pour dénoncer la représentation de Dieu dans un film d’animation ou d’observer des sit-in  pour réclamer l’aménagement des salles de prière  sur le campus. Ils semblent se radicaliser de plus en plus. Leur dernier épisode du feuilleton de l’activisme salafiste violent en date s’est déroulé, hier, à Jendouba quand  plusieurs dizaines de fondamentalistes religieux armés de couteaux et de cocktails molotov  ont attaqué des bars. Selon des sources sécuritaires,   ces salafistes ont également incendié un poste de police et une partie d’un petit hôtel situé au centre de la ville. L’attaque lancée par les salafistes contre des bars est la deuxième du genre depuis une semaine.  Le week-end dernier,  des dizaines de ces partisans d’un Islam rigoriste ont tenté de fermer par la force  des bars et des débits de boissons alcoolisées, à Sidi Bouzid. Selon des témoins, les commerçants ont riposté, pourchassant les salafistes jusqu’à la grande mosquée de Sidi Bouzid,  ouvrant le feu sur les assaillants.

Presque simultanément à cette offensive contre les «lieux de débauche» à Sidi Bouzid, le mouvement Ansar-Al Chariâa (partisans de la loi musulmane) organisait à Kairouan  le meeting annuel de la mouvance salafiste djihadiste. Arborant barbes fournies et tuniques afghanes ou encore  treillis militaires et sabres, quelque 10.000 partisans  du mouvement le plus radical de la mouvance salafiste en Tunisie ont investi toute la journée la grande mosquée et la médina de la quatrième ville sainte de l’Islam. Ils ont enchaîné prêches enflammés et appels au meurtre des Juifs, sur fond de chants religieux et démonstration d’arts martiaux, pour un spectacle rodé et destiné à impressionner… Agitant des drapeaux noirs portant la profession de foi musulmane , certains jeunes salafistes zélés se sont même permis de lancer le slogan explosif « nous sommes tous les enfants d’Oussama » (Ben Laden) !

 

Menaces explicites contre Ennahdha !

En présence de quelques touristes  interloqués, le leader du  mouvement Ansar Al-Chariâa, Seif Allah Ben Hassine, alias Abou Yadh, a  notamment appelé les sympathisants du mouvement à se retirer de  l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) pour créer un syndicat ouvrier islamiste et à œuvrer à islamiser le tourisme !  Cet  ancien djihadiste inscrit en 2002 sur une liste de l’ONU des personnes ou groupes liés à Al-Qaïda,  qui a été amnistié après la chute de Ben Ali, avait lancé tout récemment des menaces contre Ennahdha suite au refoulement de deux salafistes djihadistes marocains  classés comme étant des théoriciens d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) , à l’aéroport de Tunis-Carthage. « Le parti de Rached Ghannouchi s’est enfin démasqué en ne s’étant pas opposé au rapatriement de nos deux frères marocains.  Ennahda doit comprendre une fois pour toute que les salafistes, et eux seuls, peuvent gouverner la Tunisie», avait  martelé le chef salafiste, le 18 mai  devant la mosquée, à Tunis. Le 21 mai, Hassan Ben Brik, membre du Bureau directeur du mouvement Ansar Al Chariâa, a indiqué  clairement que les salafistes constituent actuellement l’unique alternative crédible à Ennahdha. « Au cas où l’actuel gouvernement échoue, nous sommes la seule alternative. Nous disposons  d’un poids important comme en atteste notre grand meeting tenu à Kairouan», a-t-il noté sur un ton hautain, dans une déclaration à la radio privée Mosaïque FM !

Enfants terribles de l’islamisme tunisien,  les salafistes ne sont pas  à leur première démonstration de force. Après l’imposant rassemblement à l’aéroport  de Tunis en soutien aux deux leaders d’AQMI marocains interdits de séjour sur le territoire tunisien, les salafistes ont manifesté, mi-mai, sous les fenêtres du bureau du Premier ministre Hamadi Jebali pour réclamer des facilités en matière de recrutement de  combattants contre les forces loyales au président syrien Bachar Al-Assad 

 

Simple laxisme ou complicité secrète ?

Face à cette montée de l’activisme salafiste violent et à ces démonstrations de force répétées, le gouvernement dominé par le mouvement islamiste Ennahdha  fait preuve d’un  laxisme très dangereux.  Emboitant le pas au ministre de l’Intérieur Ali Laârayedh, qui avait estimé en mars dernier, que «l’affrontement avec les salafistes est inévitable», le ministre de la Justice,  Noureddine B’hiri, a annoncé le 21 mars que le gouvernement compte sortir le gros bâton pour remettre les salafistes sur le droit chemin. «Je dis à ces gens là qui pensent que l’Etat a peur d’eux, que la promenade est terminée et que ceux qui dépassent les lignes rouges vont être punis», a-t-il notamment martelé. Rien de concret n’a été, toutefois, entrepris dans ce sens. Ce décalage criant entre les paroles et les actes laisse croire, selon certains opposants, qu’une complicité inavouée entre Ennahdha et les salafistes. «Ennahdha serait en train d’instrumentaliser  les salafistes pour asseoir son projet de société.  Dans le cadre de ce jeu, les salafistes  tentent d’imposer un mode de vie précis à la société et Ennahdha récolte les fruits de cet activisme », souligne Hamma Hammami, qui appelle le parti de Rached Ghannouchi à prendre des positions claires vis-à-vis de  ces groupes salafistes qui menacent les libertés.

Professeur d’histoire contemporaine à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba et spécialiste des mouvements islamistes dans les pays du Maghreb, Alaya Allani estime,  quant à lui, que  le laxisme indéniable d’Ennahdha à l’égard des salafistes est symptomatique des contradictions du parti vainqueur des élections du 23 octobre qui semble désormais tiraillé entre faucons et colombes. «Ennahdha et les salafistes ont, en réalité, une base idéologique commune. Les deux mouvements prônent l’application littérale des préceptes islamiques et la réislamisation de la société. La plateforme idéologique d’Ennahdha adoptée en 1988 est toujours la même. Seul le discours  prononcé devant les caméras est devenu plus policé», souligne-t-il.

Walid KHEFIFI

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  Commentaires: Ces commentaires n'engagent que leurs auteurs, la rédaction n'est en aucun     cas responsable du contenu.

sat44   
salafistes       Le: 27/05/2012
je souhaite bon courage a la tunisie et aux tunisiens vous avez enlever un dictateur et vous avez mis des criminels a la place a commoncer par (ennahdha +les fous qui veulent deriger le pays )c(ets un complot entre ses deux partis il faut les chasser tant qu'ilest temps




aghioul   
voilà       Le: 27/05/2012
voilà des évenements qui vont nous attirer beaucoup de touristes bientôt ils vont decrêter que le tourisme c'es hram




Hésa   
Je ne serais pas surpris!       Le: 27/05/2012
Que beaucoup de Tunisiens regrettent déjà Ben Ali, au moins en ce qui concerne la sécurité! Le ministre Tunisen des affaires étrangères a rendu visite au Danemark , où il a été interviewé par le journal Politiken, il insiste à ce que les Européens cessent de focaliser sur ce qui se passe en Tunisie, ce n'est pas de la religion qu'il s'agit mais de l'économie! Est ce que le ministre s'imagine que les Européens sont si naïfs d'investir dans un pays qui n'est pas sécurisé? aussi longtemps que les Salafistes font la loi, il n'y aura pas des investissements étrangers!




zarzour   
Il est temps       Le: 28/05/2012
Rachid Ammar était capable de se lever contre Ben Ali qui est un dictateur laîc,et il a promis qu'il reste le gardien de la révolution et qu'il ne decevra pas les martyrs de celle-ci .Aujourd'hui il s'avère que l'armée avec ses généraux étoilés brille par son absence pour mettre de l'ordre dans ce marécage dans lequel la Tunisie s'embourbe .C'est à croire qu'il n'est plus un patriote et qu'il n'est plus le gardien de l'intégrité de la révolution?Quant au parti d'Ennahdha il s'est avéré qu'il incapable de gérer le pays c'est pour cette raison qu'il est laxiste ,qu'il laisse faire et indirectement il plébiscite le travail des salafistes:la connivence est flagrante et elle ne sert pas l'intêret du pays.L'intérét de la masse dépasse l'intêret de quelques individus fouteurs de trouble.


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