Qualifiée de lente et morose à ses débuts, la campagne électorale pour l’élection de la Constituante connaît, au sprint final, une effervescence et une accélération qui reflètent l’empressement de certains courants politiques d’accéder au pouvoir.
Sans attendre le verdict des urnes, quelques leaders de partis dits « poids lourds » ou donnés favoris, endossent déjà le maillot du vainqueur et évoqueraient même l’hypothèse d’alliances avant les résultats du scrutin.
Et le citoyen, l’électeur, dans ce jeu politique et cette course déclarée vers le pouvoir ?
Qu’est-ce qui le motiverait et l’inciterait à aller voter le 23 octobre prochain ?
Il y a, évidemment, la confiance qui doit prévaloir entre l’homme politique, le candidat et l’électeur, et il y a encore la force de persuation, le réalisme des programmes et la justesse des orientations.
Or, il n’a été question, durant toute la campagne électorale, que de programmes presqu’identiques et de promesses difficiles a tenir lorsqu’elles sont en butte à la dure réalité et à la difficile conjoncture nationale et internationale. Pire, le débat d’idées a pris la tournure d’antagonismes idéologiques aux graves conséquences.
Aujourd’hui, la priorité est de faire réussir les premières élections libres et de leur assurer toutes les chances du succès, en comptant, en premier lieu, sur l’intelligence du Tunisien et sur son sens du devoir.
En le rassurant, d’abord, sur les garanties prises pour la transparence du scrutin et en aiguisant sa confiance pour ne pas bouder les urnes.
Il n’est donc pas opportun d’évoquer la probabilité de falsification du scrutin à trois jours du vote, alors qu’on sait que l’Instance supérieure, les observateurs nationaux et internationaux veillent au grain et qu’il n’est plus possible d’user des vieilles méthodes du passé.
Quand le président d’Ennahdha avertit qu’ « en cas de falsification, on va opter pour la voie de la révolte et descendre dans la rue avec le peuple tunisien », c’est un message de peur et d’incertitude qu’il adresse au peuple, même en rassurant que son parti « s’inclinera à travailler la main dans la main avec les vainqueurs ».
Lotfi OUENNICHE